STIGMATISATION DES FEMMES DANS L’INDUSTRIE MUSICALE: LA 6ÈME ÉDITION DU SALON INTERNATIONAL DES VOIX DES FEMMES FAIT LE POINT

Le sexisme est une réalité dans le milieu musical, les femmes y sont stigmatisées et cette situation s’explique par plusieurs raisons. 

Dans l’industrie musicale, les hommes regardent les femmes de haut, celles qui sont des dirigeantes doivent davantage travailler à se faire imposer que les hommes.

Lors des tables rondes moderées tour à tour par les acteurs médiatiques Joyce Fotso et Christian Nya, la question de l’inégalité des femmes au sein de l’industrie musicale a été développée par des professionnelles du domaines qui se sont basées en grande partie sur leurs expériences.

Il est question en général des violences basées sur le genre, un problème sur lequel les promoteurs de l’evènement fondent Escale Bantoo, car « Né du désir de valoriser la chanteuse africaine et sensibliser les populations sur les violences basées sur les inégalités de genre », l’a expliqué Nathalie Mefe en présentant Escale Bantoo. Aussi, la panéliste Amely James Koh Bela, écrivaine et activiste des droits des femmes a évoqué ce qu’elle dit voir sur le terrain et qu’elle a appélé la « putétisation » de la femme, pour faire allusion au harcèlement sexuel, le fameux « droit de cuissage« . Les producteurs et patrons ont la mauvaise habitude de s’attarder sur la féminité plutôt que sur les compétences et cherchent à réduire les interlocutrices en objet sexuel, cela se manifeste dans les clips. « Regardez les chansons, c’est horrible ce qu’on voit et ce qu’on entend, ça donne envie de vomir. Ce n’est pas pour cette image de la femme que je me suis battue pendant plus de 40 ans au sein de l’industrie musicale », déplore l’écrivaine. Si cette dernière reste au Cameroun en ce basant sur les données du terrain sur lequel elle est constamment, la situation est géneralisée d’après les intervenantes étrangères dont Marie Audigier dirigeante française de l’agence Maa et consultante culturelle, la nigériane Victoria N’kong dirigeante du Festival Afrima, Armelle Doua, la coordonatrice du MASA en Côte d’Ivoire, ou encore Michèle Beltan de Wagram.

Cet état de chose donne lieu a une petite réprésentativité féminine au sein de l’industrie. 15% des structures musicales sont dirigées par la gent féminine et sur 100 festival 5% sont ceux des femmes. Des chiffres de la France qui reflètent ceux de l’Europe. La situation n’est pas meilleure en Afrique et au Cameroun, mais les intervenantes sont elles-mêmes une preuve de l’espoir de la femme dans l’industrie.

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Les Aunties du Tchad

Difficulté contournable

La marginalisation des femmes dans l’industrie musicale n’est pas une fatalité, tout peut être contourné, il y a une responsabilité individuelle et collective. La femme est la principale solution aux problèmes qu’elle rencontre dans ce secteur. La femme doit avoir confiance en elle et observer des valeurs qu’elle défend contre vents et marrées. La société est certes en manque de pudeur mais le succès sans éthique n’est pas durable.

Toutes ces femmes panélistes en parlant de leurs parcours et leurs expériences ont prouvé qu’on peut réussir sans se compromettre. Parmi elles, La nigeriane Victoria N’kong qui est entrée dans l’industrie musicale à 18 ans, elle compte plus de 20 ans aujourd’hui dans le domaine. « Vous savez les hommes riches qui me faisaient la cour dans mes débuts? Si j’acceptais toutes leurs propositions indécentes, je ne pense pas que j’aurais le niveau que j’ai aujourd’hui, j’ai achété, ma propre voiture, mon argent est assuré de janvier en décembre, j’ai fait confiance à mon travail et non à mon corps ». Aussi conseille-t-elle aux femmes de se lever et de braver avec vivacité tous les obstacles qu’elles rencontrent. « Si on te refuse une table, construis ta propre table », parabolise la dirigeante d’Afrima. Pour ce qui est de la responsabilité collective, Lucille Haddad de les Cocottes a rejoint une participante Agathe Djokam, Danseuse et Chorégraphe pour demander de « transcender le genre » afin d’aboutir à une société égalitaire où tout le monde assure son rôle sans stigmatisation.

Sous le thème « More women in the music industry », le salon international des voix des femmes, Escale Bantoo était à sa 6ème édition.

Le site de l’institut français, antenne de Douala a accueilli une étape de cet évènement organisé par le couple Tony et Nathalie Mefe. Deux jours d’échanges intenses et passionnants sur des sujets relatifs à la place de la femme dans l’industrie musicale, animés par des actrices et professionnelles du secteur ont meublé une partie du programme.

Chanelle NDENGBE 

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Échanges avec les panélistes

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