L’AMBASSADEUR FRANÇAIS DE LA CAUSE LGBT INDESIRABLE AU CAMEROUN

Les acteurs de la société civile se mobilisent pour faire entendre leurs messages de dénonciation vis-à-vis de Jean-Marc Berthon qui selon eux, vient promouvoir l’homosexualité au Cameroun.

Sur le cyberespace, le ton est impératif, les affiches circulent avec des messages plus qu’explicites «NON à la promo LGBT au Cameroun, Berthon reste chez toi !!! », lit-on sur une annonce d’ailleurs utilisée à la Une de tabloïds. « Le Cameroun dit NON au mouvement LGBT canal+ dégage », peut-on lire sur une note en circulation sur les réseaux sociaux.

Affiche NON LGBT

En réalité, la présence de canal+ dans cette campagne n’est pas fortuite

Il y a plusieurs mois, des parents son montés au créneau pour signaler la présence récurrente des scènes homosexuelles dans les dessins animés des chaînes du bouquet ici indexé. Dans les groupes consacrés aux débats pour mamans et éducation des enfants, les captures de ces scènes ont été partagées dans le but de tirer la sonnette d’alarme, mais jusque là, le mutisme des organismes sensés réguler interloquait plus d’un. D’ailleurs, les acteurs avertis ont dénoncé «le silence complice de l’observatoire des médias et du conseil national de la communication », selon le titre relayé par nos confrères de « La voix du koat.com ».

Suite aux diverses accusations, le Conseil National de la Communication (CNC) a fini par publier une communication pour rappeler « aux promoteurs et aux professionnels des médias que l’homosexualité est proscrite et condamnée par la loi pénale camerounaise, et que la diffusion dans les médias de scènes à caractère homosexuel constitue une atteinte à l’éthique et à la déontologie professionnelles en matière de communication sociale ».

Cette sommation du CNC fait suite à l’observation de la promotion des pratiques homosexuelles dans les « programmes généralement diffusés par des éditeurs étrangers, qui concernent habituellement des séries ordinaires … les dessins animés destinés à l’enfance et aux mineurs … une pratique qui porte atteinte aux bonnes mœurs, aux coutumes et à la législation camerounaise », précise le communiqué du 12 juin 2023.

Mais les choses ne se sont pas arrêtées là, car pour le journaliste et syndicaliste Charles Cacharel Ngah Nforgang « il faut faire disparaître les médias qui pervertissent la jeunesse et les esprits fragiles ».

C’est peut être ce qui a motivé l’annonce de la visite au Cameroun de Jean-Marc Berthon, ambassadeur pour les droits des LGBT+ du 27 juin au 1er juillet 2023. Il avait ainsi l’intention de donner une conférence-débat sur « les définitions du genre, de l’orientation et de l’identité sexuelle » à l’institut français du Cameroun à Yaoundé, selon ce que nous apprend une correspondance du ministre des relations extérieures à l’endroit du ministre de l’administration territoriale. «Des activités auxquelles le Ministère des relations extérieures n’accorde pas son approbation », sanctionne Lejeune Mbella Mbella lui-même interpellé par la société civile avant l’arrivée de ce courrier sur la toile.

« Il est bon de rappeler que, la position du Gouvernement camerounais sur les définitions du genre, de l’orientation et de l’identité sexuelle au Cameroun est claire et dénuée de tout débat »,

conclut le ministre des relations extérieures, qui précise avoir envoyé une note verbale à l’ambassadeur de France à cet effet. A la suite de ladite note, Paris a annulé la visite de l’ambassadeur LGBT.

Affiche diffusée sur internet

Nouvelle forme de colonisation

C’est ce que pensent certains acteurs politiques pour lesquels, l’enjeu n’est pas seulement sur le plan de la protection des minorités mais de freiner la croissance humaine des pays encore en pleine émancipation. « Une énième provocation du néocolonialisme français » selon le mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM).

De son côté Jean-Marc Berthon s’explique «il était question de discuter avec les autorités camerounaises sans toutefois imposer nos valeurs », argument qui fait face à une fin de non-recevoir.

La société civile appelle à la vigilance car des profils LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes) auraient été créés par intelligence artificielle, ils sont de plus en plus nombreux sur le cyberespace. Le gouvernement Camerounais est donc appelé non seulement à investir sur les contenus pour l’éducation de sa jeunesse, mais aussi à protéger son espace cybernétique.

Chantal Mveng

 

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