DANS L’AFFAIRE MARZOUKA OUMMOU HANI, IL Y A EU CONCILIATION DES DEUX PARTIES

Le contentieux opposant la jeune auteure au chef de la communauté Idool qui poursuivait l’adolescente en justice s’est soldée par une conciliation des deux parties.

Poursuivie pour « diffamation» par Mohaman Ahman chef du village Idool qui exigeait d’elle la somme de cent cinquante millions (150 000 000) de francs CFA de dommages et intérêts, Marzouka Hani, 17 ans ne court plus le risque d’une condamnation après une procédure de conciliation initiée par le ministère des arts et de la culture marquée par les excuses publiques de l’accusée et le désistement du plaignant.

Les évènements marquant la résolution de cette affaire s’inscrivent dans la période du 07 au 16 août. Le 07 et 8 août correspondent en effet à la procédure de conciliation qui s’est effectuée dans les locaux du gouverneur de la région de l’Adamaoua et à la chefferie Idool. Durant ce moment, sa majesté Mohaman Ahman avait exigé la demande publique d’excuses de la jeune écrivaine et la réécriture des pages «diffamatoires » envers le village Idool dans son roman Mon père ou mon destin. Chose que l’adolescente a exécutée grâce aux conseils des aînés.

Le 10 août 2023, elle a présenté des excuses à la communauté Idool en présence des médias. Dans sa lettre d’excuses, la jeune auteure reconnait s’être trompée et l’explique par son manque d’expérience et le manque de rigueur de celui vers qui elle s’est tournée pour l’édition Mve Dexter, le promoteur de MD éditions. Elle reconnait également n’avoir mesuré l’ampleur de la sensibilité de ses écrits qu’après publication. « Animé par un esprit de paix et de sincérité, c’est après publication de notre roman et l’ampleur qu’il a pris dans notre société que nous nous sommes rendues compte du caractère sensible et complexe de certains passages de cette œuvre littéraire. A présent nous avons découvert avec regret que notre ouvrage, a heurté la sensibilité des populations du village Idool… Ainsi, compte tenu des faits et des circonstances, je voudrais à nouveau implorer votre pardon », lit-on dans la lettre d’excuses dans laquelle la jeune fille a aussi promis de corriger l’œuvre « afin de restaurer à ces populations leur dignité » et à son «roman, son genre littéraire »

A la suite de ces excuses publiques, une lettre de désistement formulée par le Djaouro Mohaman Ahman a été transmise au tribunal de grande instance de Ngaoundéré par son avocat Me Kassiya. C’est dans ce tribunal que juste le lendemain, 17 août devait comparaitre Marzouka. L’abandon des poursuites manifestée dans la lettre de désistement de sieur Mohaman Ahman, respectée par le tribunal a marqué la fin de l’affaire Marzouka Oummou Hani.

Interrogée par la rédaction de Griote Tv, Marzouka a exprimé sa satisfaction après ce vent passé. « Je me sens bien et je suis contente de pouvoir avancer » déclare la jeune écrivaine qui devra dans les prochains mois sortir une nouvelle version de Mon père ou mon destin. Ce sentiment n’est pas partagé par de nombreux internautes qui avaient été indignés après avoir pris connaissance en juillet dernier, des poursuites judiciaires engagées par chef du village Idool contre l’adolescente. Il l’accusait de décrire de façon péjorative et discriminatoire ce village ainsi que son fondateur dans son roman Mon père ou Mon destin et lui réclamait cent cinquante millions (150. 000 000) de francs CFA d’indemnités. Ces internautes voient en ce dénouement une atteinte à la liberté de l’écrivain et aussi à celle de la femme.

Chanelle NDENGBE

 

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