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HOMMAGE A BORIS TCHAKOUNTE : DES ENSEIGNANTS POURCHASSES PAR LES FORCES DE L’ORDRE

Ils ont été humiliés, tabassés, arrosés et étouffés par de l’eau, du gaz lacrymogène au carrefour EMIA dans la ville de Yaoundé.

On a rarement vu pareil rassemblement. Des milliers d’enseignants sortis pour rendre un dernier hommage à leur collègue tué par son élève et dénoncer les violences dont sont victimes les membres de leur corps. Le collectif des enseignants indignés avait appelé à une forte mobilisation ce jour, une invitation qui a porté fruit.

Après la levée de corps et un meeting devant la morgue, ils comptaient accompagner dignement la dépouille de leur collègue. Leur itinéraire étant de partir de la morgue du CHU pour l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, ils ont été stoppés net au carrefour EMIA par les forces de maintien de l’ordre. D’après les sources, ces dernières demandaient aux enseignants endeuillés une autorisation d’occupation de la voie publique.

Sur des images devenues virales sur les réseaux sociaux, on voit ces enseignants portants leurs toges, arrosés d’eaux, de gaz lacrymogène, et une femme étalée à même le sol dans un état d’inconscience. Dans cette cacophonie, plusieurs d’entre eux ont été interpellés par la police, puis relâchés. Une situation qui suscite une forte indignation des internautes ce soir. Beaucoup se demandent comment les élèves regarderont leurs enseignants demain.

On se rappelle que le 14 janvier dernier, Boris Djomi Tchakounté, âgé de 26 ans seulement, avait été poignardé à mort par son élève de 15 ans, en salle de classe de 4ème. Sorti de l’école en 2019, il était encore en cours d’intégration et travaillait comme enseignant vacataire au Lycée Classique de Nkolbisson. Comme un soldat en guerre, le jeune enseignant de mathématique, est mort dans un champ de bataille face à son élève, la craie dans la main.

www.griote.tvForte mobilisation des enseignants

Ses nombreux collègues, chacun dans sa toge, ont décidé de lui rendre un hommage digne de ce nom, en l’accompagnant de la morgue jusqu’à la paroisse EEC de Messa pour un office religieux. Mais ils ont été sommés par les forces de maintien de l’ordre de se disperser, pour occupation de la voie publique sans autorisation préalable.

Rachèle KANOU

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