Cette mobilisation masculine est perçue comme une marque de soutien au genre féminin face aux violences commises à leur endroit et qui aboutissent souvent aux féminicides.
En marge de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre Peace bus association, espace dynamique pour la promotion et la protection des femmes et des enfants, a organisé un programme qui a réuni des hommes pour analyser les questions de violences et féminicides dont le Cameroun est éprouvé. Ce programme s’est transformé en un véritable plaidoyer pour la fin des féminicides au Cameroun.
Pour une lutte collective contre les féminicides et une sensibilisation des hommes
Parlant de la conséquence la plus fatale des violences basées sur le genre qu’est le féminicide, le rapport des enquêtes du web média féminin Griote est effrayant. Il fait état de 67 femmes tuées du 13 janvier au 15 novembre 2024, soit en 307 jours. Parmi ces victimes, on dénombre 24 crimes conjugaux. Ces chiffres alarmants imposent l’élaboration d’une véritable stratégie de riposte, c’est pourquoi les hommes ont été abordés par Peace Bus Association, afin de favoriser l’inclusion. C’est ce qu’explique sieur Leonel Richy Kowa, vice-président de Peace bus association.
«Aujoud’hui nous avons décidé d’inclure les hommes dans le processus du combat contre les violences faites aux femmes. Que ce soit des leaders d’association ou des jeunes étudiants, nous discutons, nous partageons les expériences, afin de ressortir ce qui limite les actions dans cette lutte contre les violences faites aux femmes ».
Parce que pour lutter contre les violences basées sur le genre dont les femmes sont les principales victimes, la contribution de tous est nécessaire indépendamment du sexe ou de la classe sociale. C’est également important pour faire comprendre que la lutte contre les féminicides n’est pas une guerre des femmes contre les hommes. Mais les hommes à Peace bus Association ont fait comprendre que la lutte contre les féminicides est la lutte pour le respect des droits humains et de la dignité humaine indépendamment du sexe. Toutefois, comme l’indiquent les chiffres, les femmes sont les victimes majoritaires des violences basées sur le genre et sont au centre du combat à cet effet.
Dialogue, dénonciation, sensibilisation des forces de l’ordre et rigueur de l’État
Les hommes proposent à leurs homologues hommes de priviligier le dialogue à leur force physique en cas de palabres avec leur compagne. De reconnaître la dignité humaine de la femme et de la respecter. Si ce principe n’est pas appliqué, la partenaire se doit de dénoncer pour prévenir un féminicide et préserver ainsi sa vie.
« Je suis contre les violences sur toutes formes que ce soit. Je suis pour le respect de la dignité humaine quel que ce soit le sexe, la classe sociale. Je suis de ceux qui pensent que pour résoudre les problèmes, il faut privilégier le dialogue. Pour moi, la femme doit premièrement parler, quand elle est violentée, quand ça ne vas pas. Le gouvernement doit prévoir des plateformes où des numéros que la femme peut contacter d’urgence si elle est violentée. On peut même créer une application qui peut permettre aux femmes de dénoncer leurs bourreaux»,
propose sieur, Christian Kuizing, participant à l’événement. Il sollicite également que les éléments des forces de l’ordre soient sensibilisés pendant leur formation pour une écoute appropriée des victimes des violences.
«Je pense que l’Etat doit mieux former les forces de l’ordre pour gérer les cas de violences faites aux femmes. Je dis ça parce que généralement quand une femme va se plaindre dans les postes de police et gendarmerie, ce sont ceux-là même qui sont chargés de les accueillir qui les violentent »,
explique-t-il.
Si les hommes étaient les cibles de Peace bus association le samedi 7 decembre, jour de la tenue de ce programme de sensibilisation, les femmes ne se sont pas senties exclues. Elles ont été galvanisées par l’espoir de ce qu’une synergie d’idées peut s’avérer salvatrice pour la femme en contexte d’épidémie de féminicides au Cameroun.
«Je pense que chaque fois qu’une association ou un groupe d’association organise une activité en terme de plaidoyer de sensibilisation ou alors d’action ou de revendication, dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre, je me dois d’être là parce que ma contribution est très importante. Il faut le dire ce n’est pas seulement les femmes qui luttent contre ces violences. Les hommes aussi, c’est pourquoi on parle de l’inclusion»,
a déclaré Elisabeth Ngo Bapa, participante à l’événement.
Chanelle NDENGBE
