Ce 14 février 2025, les centres commerciaux sont bordés de couleurs rouge et rose, couleurs dites de l’amour, mais la célébration n’est pas partagée par tous les camerounais.
Les commerçants de tableaux, roses, et tous les accessoires confectionnés pour la Saint Valentin, reçoivent des clients ce jour. Cependant certains boycottent cette célébration, évoquant au micro de Griote, des raisons traditionnalistes, religieuses et moralistes.
La Saint-Valentin, un autre phénomène d’acculturation
Selon plusieurs avis, le 14 février n’a rien de particulier en Afrique. Etant d’origine occidentale, ces personnes considèrent cette célébration en Afrique comme une autre forme d’acculturation c’est-à-dire un conformisme aux habitudes d’une autre culture que celle africaine. « Il y a tous genres de complexe chez les Africains, cette façon d’imiter tous ce qui vient de l’étranger aussi bêtement. La saint-valentin là pour moi c’est un complexe, c’est comme si on est obligé d’exprimer l’amour à la façon des blancs pour être à la mode, alors qu’à la base on a pas les mêmes habitudes », argue Ernestine, 32 ans. Wilfried pense qu’on n’a pas besoin d’un jour particulier pour exprimer l’amour. « Ce n’est pas le 14 février que tu dois à tout prix prouver à ta partenaire que tu l’aimes… Il y a les moments qui sont no name dans le monde, des périodes difficiles pour ton partenaire, en le soutenant tu lui montres ton amour plus qu’en récitant les poèmes le 14 février », affirme Wilfried.
Un jour de décadence morale
Pour certains, les dérives observées le jour de la saint-valentin sont une raison pour ne pas l’apprécier. « C’est une journée ou plusieurs jeunes se perdent. Au nom d’exprimer son amour, les jeunes filles, des élèves même perdent leur virginité, et bienvenue les grossesses précoces, les maladies sexuellement transmissibles. En fait, c’est un moment de folie qui a des conséquences néfastes sur la vie des jeunes inconscients », explique Sophie. Cette situation fait que Myriam éduque ses enfants à ne pas s’intéresser à cette « folie ». « La saint-Valentin je ne la fête pas. J’ai une fille de 11 ans, je lui apprends déjà que l’affaire de saint-valentin est un moment de perdition. Je souhaite qu’elle ne participe pas à cette folie quand elle sera plus grande », révèle Myriam. L’implication des jeunes lycéennes dans la célébration de la Saint-valentin est d’ailleurs un constat. Si nous n’avons pas pu vérifier les extrêmes en cette édition 2025, nous remarquons quand même l’intérêt porté par les jeunes des classes de 5e, 4e qui achètent des tableaux d’amour disent-elles pour leur bien-aimé.
Exprimer l’amour aux siens et recevoir l’amour
Il y a ce grand groupe pour qui la Saint-valentin est un moment de bonheur, dénué d’immoralité, le jour où on rend heureux et on attend qu’on nous rende heureux. « Exprimer l’amour ne veut pas toujours dire aller avec son copain par ci par là. On exprime aussi l’amour à ses parents. Moi depuis que je suis au lycée, c’est ce que je fais. J’achètes les fleurs, les chocolats à mes parents et je reçois aussi de mes parents et de mes sœurs. Donc tout dépend de comment on prend ce jour », déclare Pascale, 30 ans. Les habitudes de Pascale sont partagées, car à Akwa, dans le 1er arrondissement de la ville de Douala, les lycéennes achètent des fleurs et nous confient que c’est pour faire plaisir à leurs parents.
La Saint-valentin est donc différemment conçue au Cameroun. La question des dérives étant réelle, les parents, enseignants et aînés sont appelés à sensibiliser les jeunes sur cette question.
Chanelle NDENGBE
