Le mois de janvier se referme avec onze cas de féminicides amorcés dès le premier janvier.
Que ce soit dans les villes de Douala, Bafoussam, Dschang, kribi ou Yaoundé, les meurtres des femmes ont souvent été accompagnés de viol. La liste que nous dressons est ouverte à Douala dans la région du Littoral et se referme à Mora dans l’Extrême-Nord.
Deux féminicides en une nuit à Douala
Le cas Aurélie Maurel Nya Tchanga fait l’objet du premier cas de féminicide présumé qui s’est produit au quartier Dakar. La candidate libre au probatoire de 24 ans, avait été retrouvée inerte autour 23 heures le 1er janvier. Son corps était allongé sur le sol devant la chambre qu’elle occupait avec son concubin Nicolas Mbock, 37 ans. Les résultats d’une autopsie instruite par le procureur devraient déterminer la culpabilité ou non de l’accusé, qui avait l’habitude de la frapper, selon les témoignages recueillis sur le terrain. Avant la résolution de l’enquête, la famille de la défunte a inscrit la « violence conjugale » comme cause du décès dans le programme des obsèques. Lesdites obsèques se sont tenues du vendredi 07 au samedi 8 février 2025. A la levée de corps à l’hôpital Laquintinie, le frère de la victime exprimait les espoirs de la famille d’obtenir justice. Le mis en cause serait entre temps à la prison centrale de Douala.
Dans la même nuit du 1er janvier, une jeune femme appelée Carine a été tuée dans des circonstances atroces à en juger la découverte de son corps en état de putréfaction au quartier Bepanda. Nos investigations dans cette zone du collège INTAC établissaient que si la découverte s’était faite samedi le 5 janvier, c’est depuis la nuit du premier janvier qu’on n’avait plus eu de nouvelle de la défunte âgée de 27 ans, ceci après un comportement suspect de son compagnon James. Les gendarmes avaient dû casser la porte de la chambre qu’elle occupait avec son concubin pour voir son corps dénudé, la langue à l’extérieur. Un meurtre par strangulation après viol était soupçonné, mais le suspect avait disparu. La gendarmerie de Ndoungue dans laquelle nous nous sommes rendus ne nous a pas donné plus de détails sur l’affaire.
A Bafoussam, la victime laisse un bébé de 11 mois
Si les rumeurs de ce féminicide étaient observées sur la toile, une source familiale a révélé à Griote que Tatiana Noubissi avait été victime d’un crime conjugal le vendredi 4 janvier au lieu-dit TPO dans la ville de Bafoussam. La défunte qui était décédée après avoir été battue par son compagnon a laissé un bébé de 11 mois.
Deux femmes tuées à Dschang en deux jours
Le 10 et le 11 janvier resteront des jours sombres pour des familles dans la ville de Dschang, région de l’Ouest. Le premier est un matricide dans le village Letsa du groupement Foto ou un homme a étranglé sa maman pour une affaire de 5000 FCFA. Le repris de justice d’environ 40 ans, avait échappé à la justice populaire, il est retourné en prison. Le lendemain samedi 11 janvier, c’est le quartier Fokere de Dschang qui est frappé par le départ tragique de Pauline Flore Amtemkeng. La dépouille de la jeune femme de 31 ans avait été retrouvée à moitié nue dans une case sacrée au village Johny Baleng à Dschang. Les premières constations faisaient état d’un viol. La jeune maman qui allait vaquer à ses occupations pour nourrir ses trois enfants était ainsi tombée entre des mains qui ont abrégé ses jours sur terre.
Tombée dans un piège suite à une fausse offre d’emploi, une femme est tuée à Kribi
Partie de Douala pour Kribi afin de postuler à une fausse offre d’emploi proposée via les réseaux sociaux, Darolle avait été kidnappée et le ravisseur réclamait la somme 200 000 FCFA. Après les menaces du kidnappeur et des messages de supplication de la jeune femme de 27 ans, son corps sans vie a été retrouvé à Kribi. C’est avec le cœur lourd que sa famille l’a récupérée le samedi 18 janvier selon Equinoxe TV.

A Yaoundé, une jeune femme est violée et tuée, son corps mutilé
C’est encore la stupeur au quartier Kondengui, le drame qui s’est produit la nuit du jeudi 23 janvier a tristement marqué cette date. Ce soir-là, Angèle Ekole, fille unique à sa maman affectée dans une autre ville était seule dans le domicile. C’est ainsi qu’elle a reçu une visite fatale. Sa dépouille témoignait du manque de scrupule exprimé par son bourreau ou ses bourreaux. En plus d’être violée et poignardée à mort, ils s’en sont pris à ses yeux. « Ils ont percé ses yeux, ils l’ont poignardée au ventre », révèle un voisin témoin de la découverte macabre. Des sources locales révèlent aussi que la jeune femme aurait pu crier mais en raison d’une veillée mortuaire en face du domicile, ses cris n’auraient pas pu être entendus.
Un meurtre conjugal à Obala
Le 24 janvier Kati, maman de trois enfants succombe à une bastonnade de son époux Ateba Roméo. Elle avait l’habitude d’être battue par son mari, sauf que la bastonnade de mi-janvier était de trop. Frappée à la machette par le militaire, elle est restée dans un état d’inconscience pendant plusieurs jours mais tout semblait aller bien lorsqu’elle est finalement morte dans les bras de sa fille, selon une source familiale.
Une fille de 19 ans meurt au cours d’un viol conjugal à Mora
C’est dans son foyer que Nafissatou Babarou a trouvé une mort abominable le 27 janvier. La jeune femme de 19 ans a perdu la vie au cours d’un viol perpétré par son époux Mohamadou Salam, 38 ans. La jeune femme qui sortait d’une hospitalisation en raison d’une grossesse difficile n’avait pas supporté de trouver son mari en flagrant délit d’adultère sur leur lit conjugal. Elle a donc manifesté son courroux en boudant. Elle a notamment refusé les rapports sexuels que son mari exigeait, mais le trentenaire l’a prise de force. Elle n’a pas supporté le viol au cours duquel elle est morte selon Butterfly Cameroon qui suit l’affaire. Son époux voyant Nafissatour décéder a pris la fuite. Le 23 janvier avant cette tragédie, le journal l’Oeil du Sahel rapportait un cas de matricide à Mokong, dans la région de l’Extrême-Nord. Une femme tuée par son fils qui a reussi aussi à mettre fin aux jours d’un voisin avant d’être neutralisé par la population.
A Yaoundé, une femme retrouvée morte et mutilée deux jours après sa disparition
Le mois de janvier s’est refermé avec le cas Sandrine Lekoubou. Introuvable depuis le mercredi 29 janvier, la jeune femme a été découverte morte le vendredi 31 janvier, dans un ravin derrière le camp sic au quartier Mendong à Yaoundé. Son sexe était mutilé, elle était tranchée à l’arme blanche et enveloppée dans un drap qui lui appartenait. Une découverte macabre qui confirmait la thèse d’un meurtre même si les circonstances ne sont pas encore élucidées. Sandrine Lekoubou devenait ainsi la 11e femme tuée au Cameroun en janvier 2025 selon la comptabilité de Griote.
11 femmes tuées au seul mois de février est un chiffre qui fait peur. La peur et la désolation sont en en effet exprimées au sein de l’opinion publique au sujet des meurtres des femmes et particulièrement des féminicides. On se demande ce qu’il faut pour stopper la saignée, le ministère de la promotion de la femme et de la famille dirigée par Marie-Thérèse Abena Ondoa est interpellé pour des mesures concrètes et efficaces visant la sécurité des filles et des femmes.
Chanelle NDENGBE
