Sur le programme des obsèques de la défunte, la famille a décidé de marquer comme cause du décès « violence conjugale« , pour signifier sa douleur.
C’est au milieu des cris pour que justice lui soit rendue qu’Aurelie Maurel Nya, a fait son ultime voyage le vendredi 07 février à l’hôpital Laquintinie de Douala. Pour la famille Tchanga , il n’y a pas de doute, Nicolas Mbock, concubin de leur fille est bel et bien l’auteur du décès de cette dernière. Pour le manifester, il est inscrit dans le programme des obsèques, « violence conjugale » comme cause du décès de la jeune femme. Les témoignages des membres de la famille et du voisinage affirment qu’Aurélie était constamment frappée par son concubin avec qui elle vivait au quartier Dakar. Ce sont des relevations faites au quartier village, au lieu-dit Pozam, où vit la famille d’Aurélie où nous nous sommes rendus la vieille des obsèques. Son frère cadet Idriss Tchanga, rapporte au sujet des violences conjugales:
« Il frappait constamment ma sœur. Elle avait les cicatrices sur son corps. Parfois elle me disait que c’était lui. Deux fois, moi-même je l’ai retirée là bas, mais comme les couples sont comme ils sont, elle y est retournée. J’ai même voulu en venir au main avec ce gars, mais elle m’a dit de laisser ».
Au lendemain de son décès, la bailleresse de la concession où Aurélie Maurel vivait en concubinage a donné une version sur l’hostilité de la famille par rapport à cette relation. Elle avait en effet affirmé à Griote que plusieurs fois, sans qu’elle ne sache pourquoi, la famille a retiré Aurélie Maurel de chez Nicolas, mais elle était revenue à chaque fois.
Lorsque le corps d’Aurelie Maurel a été découvert dans la nuit du 1er janvier 2025, Nicolas aurait ainsi voulu cacher la nouvelle à la famille. Selon les suspicions également, il essayait de dissimuler le corps avant d’être surpris par la bailleresse.
« Quand on a trouvé son corps, elle était glacée, même la bailleresse le dit parce c’est elle qui peut parler de ce moment avec les détails, c’est elle qui a vécu la scène. On pense même qu’il s’était disputé dans la journée. Parce qu’elle (Aurélie) a passé la nuit du 31 au 1er ici. Quand on disait bonne année, bonne année, elle était ici. Après elle est repartie là-bas à Dakar le matin. Donc peut-être ils se sont bagarrés et elle est morte. Il a laissé son corps dans la maison, est sorti. Il est rentré la nuit et voulait sortir avec le corps pour jeter peut-être, mais sans savoir qu’il y a un Dieu. »
dit une tante de la défunte.
« La bailleresse lui demande d’appeler la famille, il dit qu’on ne l’aime pas, qu’on va l’accuser. Il fait même semblant, il fait croire qu’il nous a appelé. Mais c’est la bailleresse qui appelle 8ème( arrondissement/commissariat basé au quartier Dakar). C’est le 8ème qui nous informe. »
Nous apprend le frère de la défunte. Les versions incohérentes avancées par le concubin s’expliquant sur le décès de sa compagne ont donné gain de cause à la famille devant la police. L’homme de 38 ans a été interpellé et l’affaire est devenue un féminicide présumé en attendant la décision de justice. Les enquêteurs de la police judiciaire de Bonanjo nous informaient la semaine dernière que les résultats de l’autopsie réalisée sur la défunte à la demande du procureur devraient être disponibles en fin de cette semaine. Ils permettront de donner une tournure déterminante à l’affaire et peut-être de la classer en prouvant la culpabilité ou non du mis en cause.

Après la veillée mortuaire au domicile familial le vendredi, Aurelie a été inhumée au village Bangoua dans la région de l’Ouest. À sa levée de corps, son frère Idriss Tchanga a réitéré les affirmations de violences conjugales dont elle était victime et a exprimé l’espoir d’obtenir justice pour Aurélie Maurel dont l’absence est pénible.
« Ma grande soeur a été une femme forte, battante courageuse et savoir qu’elle n’est plus là est une grande douleur pour la famille. En particulier pour moi, même si on a pas toujours eu à s’entendre, elle était une source d’énergie pour moi… J’espère que justice sera faite. »
La candidate libre au probatoire et orpheline de mère s’en va à 25 ans, laissant un enfant inscrit à la maternelle. Enfant qu’elle a eu avec son meurtrier présumé. 1er cas de féminicide présumé en 2025 au Cameroun, Aurélie Maurel est en tête d’une liste de 11 femmes tuées au seul mois de janvier selon la comptabilité de Griote.
Chanelle NDENGBE

