VIOLENCES CONJUGALES : UNE FEMME BATTUE ET FAITE PRISONNIERE PAR SON CONCUBIN

Un grand changement dans sa mine au travail et une absence inquiétante ont suffi pour alerter une amie. 

On pourrait dire que son amie et collègue lui a sauvé la vie. Son attitude et sa mine ayant trahi la situation dans laquelle elle vivait, une terrible découverte a été faite.

Mira (nom d’emprunt) est cadre d’une multinationale de télécommunication. Elle vit en concubinage avec Maxime (nom d’emprunt) depuis un an et demi au quartier Pk 13, dans le 5e arrondissement de la ville. Pendant près de trois mois, ses collègues ont remarqué un changement radical dans sa mine. La fille très joviale et énergique était soudainement devenue pâle, renfermée. En plus, son arrivée et son départ du bureau ne passaient pas inaperçus. Elle venait toujours accompagnée de son concubin et c’est ce dernier qui la raccompagnait. Quelque temps plus tard, la jeune femme s’est absentée pendant plusieurs jours en signalant une maladie.

Elle recevait donc des appels et messages de collègues et proches qui lui souhaitaient bonne guérison et voulaient prendre de ses nouvelles. Mais chaque fois qu’on tentait de la joindre au téléphone, c’est son concubin qui décrochait. Un autre fait découvert plus tard est que ce n’est pas Mira elle-même qui répondait aux messages en vue de rassurer ses proches. C’était son concubin. Une amie et collègue de Mira elle, n’était pas rassurée par les supposées réponses écrites de Mira, encore moins par les réactions de Maxim au téléphone. Elle a fait part des ses inquiétudes et des soupçons de maltraitance au frère aîné de Mira, mais celui-ci amusé, a répliqué « Ma sœur est quand même une intellectuelle ». Selon lui, une pareille chose ne saurait arriver à une intellectuelle comme sa sœur, qui en plus, était celle qui rapportait l’argent au foyer, Maxim étant au chômage. Importuné par la copine de sa sœur, l’aîné a fini par accepter d’aller au domicile de sa cadette. Chez Mira, son frère frappe à la porte, mais n’obtient aucune réponse. Lui et la collègue de sa sœur interrogent un voisin qui est réticent à répondre, ce qui intrigue les visiteurs. Ces derniers insistent auprès du voisin, et c’est alors que cet homme d’une cinquantaine d’années révèle que Mira vit un calvaire dans cette maison. Sur ces révélations, le frère de Mira est pris de colère et casse la porte du domicile de sa sœur. Ce qu’il découvre à l’intérieur est un coup de massue : sa cadette assise à même le sol, enveloppée d’un pagne, visage enflé, les larmes qui coulent à flots, des yeux enflés.

Ainsi, Mira était retenue prisonnière dans la maison dont elle payait elle-même le loyer. Le concubin de retour, a reçu de son beau-frère, des coups de poing qui aurait pu l’envoyer dans l’au-delà si les riverains et la gendarmerie n’étaient pas intervenus. Le mis en cause a été conduit au poste de gendarmerie de Pk14. Les enquêtes menées sur sa personne ont découvert une activité permanente de gigolo. L’homme serait habitué à se mettre en couple avec les femmes stables financièrement et vivre de leurs revenus. Mais comment réussit-il à exercer une si grande influence sur elles alors qu’il vit à leurs dépens ? A cette question, des rumeurs disent d’une part qu’il retient ses conquêtes par sa façon d’avoir des rapports intimes avec elles et d’une autre part, qu’il fait des pratiques mystiques pour les soumettre, nous a confié une collègue de Mira.

Après la garde à vue, le mis en cause a été libéré. Sa victime a refusé de poursuivre la procédure afin qu’il soit emprisonné. Une décision qui lui a valu l’inimitié de ses proches. La victime a dit vouloir la paix. Pour sa sécurité et afin de se reconstruire, Mira a été affectée dans une autre ville.

Chanelle NDENGBE

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