Après plusieurs mois de procédure et un séjour en prison, le journaliste est acquitté des faits qu’il avait catégoriquement réfutés.
Le tribunal a rendu son verdict ce mardi 21 juillet 2026 dans l’affaire opposant Brand Kamga à Annette Josiane Wandji, qui l’accusait de tentative d’enlèvement de son fils. Un verdict tombé en faveur du journaliste.
« Non coupable pour faits non établis ». C’est la décision rendue ce jour au tribunal de première instance d’Ekounou, qui acquitte ainsi Brand Kamga des faits de tentative d’enlèvement dont l’accusait la culturiste Annette Josiane Wandji. Selon sa plainte, Brand Kamga avait tenté d’enlever son fils à son école. Une affaire qui a éclaté en janvier dernier avec l’arrestation du journaliste de chez Naja TV, et dans laquelle la plaignante est impliquée pour une affaire d’escroquerie sentimentale sur laquelle Brand Kamga enquêtait.
Le 19 janvier 2026, le cyberespace avait été envahi par la nouvelle de l’arrestation de Brand Kamga. Le journaliste criait alors son innocence face aux faits dont on l’accusait. Depuis sa cellule, il expliquait :
« Je suis écroué à la prison centrale de Yaoundé depuis hier soir. Une dame dont notre média a fait le portrait d’athlète me poursuit pour tentative d’enlèvement de sa fille, en complicité avec son « fiancé » en France. Le monsieur m’avait contacté pour dénoncer l’escroquerie de sa fiancée. Je n’ai pas réalisé le reportage faute de preuves suffisantes.
Après audition et confrontation en mai, il était question qu’elle apporte les preuves que je suis passé dans l’école de sa fille — que je ne connais pas, au passage. Par mesure de sécurité, craignant une affaire montée de toutes pièces pour me nuire, le procureur du TGI Mfoundi a adressé une requête aux fins d’intervention pour accusations mensongères, en vue de contraindre la plaignante à prouver qu’il s’agissait de moi. Je me suis personnellement déplacé à la brigade de Nkolmesseng lundi pour le suivi. L’affaire, amenée au parquet, m’a conduit à la prison centrale de Kondengui… En dépit des dispositions en matière de flagrant délit, je reste écroué à Kondengui, sans voix.
Merci de m’aider à sortir de cette injustice, alors même que je dois me trouver un travail. Je ne connais ni la fille ni son école… »
L’affaire avait suscité un tollé médiatique et le journaliste avait été mis en liberté provisoire mardi 3 février 2026, à 11 h. Alors qu’elle devait fournir les preuves de ses accusations devant la cour, la plaignante s’est présentée à une seule audience. L’ultime audience de ce 21 juillet 2026 a d’ailleurs été marquée par son absence ainsi que celle de son conseil. Brand Kamga a donc été déclaré « Non coupable pour faits non établis ».
Interrogé par notre rédaction sur son sentiment après ce verdict, le journaliste a exprimé sa satisfaction face à la justice qui lui a été rendue. Cependant, il fustige à nouveau les cabales de toutes natures orchestrées contre les journalistes et souligne particulièrement son indignation sur cette affaire qui vient de se conclure :
« Je pense que la justice a objectivement fait son travail. Et je pense aussi que les gens doivent arrêter de torturer les journalistes à des fins inavouées. Parce que jusqu’ici, je ne sais pas ce que cette femme me reproche. Je l’ai vue trois fois dans ma vie. La première fois, c’est quand elle m’exprimait sa reconnaissance pour le reportage portrait que j’avais fait sur elle en tant qu’athlète ; la deuxième fois, c’est lorsque je l’ai rencontrée pour lui poser des questions sur les problèmes de la fédération ; et la troisième fois, elle m’a rencontré dans le cadre de cette affaire. Je lui ai dit : « J’ai reçu un monsieur qui se fait passer pour ton fiancé et qui dit que tu l’as escroqué. Qu’en est-il ? Est-ce que tu es prête, si je veux faire un reportage, à donner ta version des faits ? » »
Dans cette affaire d’escroquerie sentimentale, le Français Denis Gréard accuse la sportive de lui avoir extorqué la somme de 30 000 euros, soit 19 millions de francs CFA. Quant à la position d’Annette Josiane Wandji aujourd’hui, certains affirment qu’elle se cache au Nigeria, mais aucune certitude sur l’information.
Chanelle NDENGBE
