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ENLÈVEMENT D’ENFANTS ET FÉMINICIDES AU CAMEROUN : LES TRAVAUX DE GRIOTE PUBLIÉS DANS LES ACTES DU COLLOQUE DE L’EIFORCES

Les femmes et les enfants sont au cœur des actes du colloque de l’École Internationale des Forces de sécurité (EIFORCES), une publication qui condense les travaux du média en ligne spécialisé sur ces questions.

Le thème fort évocateur des actes du colloque organisé par l’EIFORCES, qui viennent de paraître est « Insécurité polymorphe des catégories vulnérables en Afrique : le cas des femmes et des enfants ».  Y sont incluses les investigations menées par le média Griote sur les féminicides et les disparitions d’enfants au Cameroun.

Face aux événements dramatiques dont sont victimes les femmes et les enfants en Afrique, l’EIFORCES a réuni des experts de divers domaines afin d’étudier en profondeur la situation de ces catégories sociales sur le continent. Ce colloque international s’est tenu à Awae en 2025. À ce rendez-vous hautement scientifique étaient conviés, en plus des professionnels des forces de sécurité, des spécialistes des sciences humaines et sociales ainsi que Mme Clarence Yongo, journaliste senior, promotrice et directrice de publication (DP) de Griote. La patronne du web-média traitant des problématiques liées aux femmes et aux enfants a répondu à l’invitation rédigeant un article scientifique, exposant les travaux de sa rédaction relatifs aux disparitions d’enfants et aux féminicides.

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Analyse synoptique du phénomène des féminicides et des enlèvements d’enfants

« Phénomène d’enlèvement d’enfants au Cameroun et féminicides» est le titre de l’intervention de Mme Clarence Yongo. Située dans le module 2 intitulé « Femmes et enfants dans l’économie de la violence », elle débute à la page 115. Après avoir présenté le cadre conceptuel et théorique ainsi que l’étymologie du mot « féminicide », la journaliste senior a expliqué les réalités contemporaines de ces crimes, allant des féminicides intimes aux féminicides non intimes, en passant par les crimes d’honneur et ceux liés à la dot — autant de cas documentés par la rédaction de Griote.

Est ensuite présentée la dynamique des féminicides au Cameroun à travers une analyse synoptique du phénomène de 2023 à 2026. Cette étude fait état d’une hausse annuelle de 14,93 % entre 2023 et 2024, avec 67 cas enregistrés en 2023 contre 77 en 2024. Pour les féminicides survenus au cours de cette période, la région du Centre arrive en tête, suivie de la région du Littoral, puis de l’Ouest en troisième position.

Les investigations de Griote ont par ailleurs révélé des réalités susceptibles de biaiser ces statistiques :

« Les féminicides sont donc en hausse selon les chiffres. Cependant, il est fort probable qu’il existe des régions où l’omerta empêche de révéler au grand jour les violences commises sur une femme par son époux, car selon les croyances locales, il en a le plein droit. »

S’agissant des causes, la DP de Griote identifie cinq facteurs principaux :

  • Les violences conjugales aboutissant à des crimes conjugaux ;

  • Les violences liées à la séparation ;

  • Les normes culturelles toxiques ;

  • Le stress économique ;

  • Les violences liées à la convoitise d’une femme.

La seconde partie de l’article est consacrée au phénomène des enlèvements d’enfants au Cameroun. Il y est dressé le sombre tableau des disparitions élaboré par le magistrat Xavier Owono Ondoua, qui détaille les tranches d’âge des victimes. En ciblant notamment les 15-17 ans et les 4-13 ans (cette dernière tranche enregistrant un taux de disparition de 2 % à 7 %), ce tableau, croisé avec d’autres données, confirme que les enfants et les adolescents sont les cibles privilégiées des kidnappings. Si certains cas de disparition ont connu des dénouements heureux ou tragiques, d’autres restent un mystère jusqu’à ce jour.

Face à ces fléaux, la journaliste met en avant plusieurs facteurs explicatifs :

  • Le non-respect des lois : « Il faut également rappeler, à partir de nos enquêtes, que certains condamnés trouvent le moyen de purger leur peine hors du cadre pénitencier, ce qui nuit à la vocation dissuasive et persuasive des lois », explique Mme Yongo.

  • La corruption ;

  • L’insécurité ;

  • La formation non actualisée des officiers de police judiciaire ;

  • La circulation galopante des stupéfiants.

Face à ces facteurs qui constituent un véritable danger pour la stabilité des familles et la cohésion sociale, la DP de Griote conclut son intervention en proposant plusieurs solutions :

  1. Redonner à la justice toute sa rigueur ;

  2. Maintenir l’ordre public ;

  3. Élaborer des plans d’action nationaux ;

  4. Former les acteurs de la prise en charge ;

  5. Créer un schéma structuré de prise en charge.

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Les actes du colloque tenu les 5 et 6 mai à Awae sont disponibles dans la Revue africaine de sécurité internationale (378 pages, structurées en quatre modules). Réunissant près d’une vingtaine d’interventions d’experts, cet ouvrage contient des pistes concrètes pour faire barrage aux violences faites aux femmes et aux enfants, pourvu que ces recommandations soient effectivement appliquées sur le terrain.

Chanelle NDENGBE

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