ABUS SEXUELS SUR MINEURS : LE BARREAU CAMEROUNAIS CREE UNE CELLULE SPECIALE D’ASSISTANCE

Face à la multiplication des cas d’agressions sexuelles sur mineurs au Cameroun, la sortie du barreau est l’une des plus remarquées, avec une annonce bien accueillie par le public.

Le barreau est monté au créneau au milieu de l’effervescence suscitée par la recrudescence des cas de viols au Cameroun. Il a produit un communiqué dans lequel les autorités publiques sont appelées à la barre avant l’annonce de la création d’une cellule spéciale d’assistance aux victimes.

A côté de l’affaire Joyce Nawal, la fillette de 3 ans, victime de viol, dont les parents affirment que cela s’est produits dans son établissement, la Gloire olympique d’Odza, d’autres cas d’agressions sexuelles sur mineurs sont également enregistrés au Cameroun. A Meyo notamment, dans le 5e arrondissement de la ville, c’est un enseignant d’école primaire, maître de chœur qui est le bourreau sexuel d’une dizaine d’enfants. Des enfants âgées entre 8 et 11 ans, selon la gendarmerie nationale qui a mis la main sur le suspect il y a quelques jours et qui l’a présenté officiellement le 7 juin 2026. A Douala, dans la même période un enseignant a sexuellement abusé d’une adolescente de 14 ans. Au lycée de Manila Banka, dans le Haut-Nkam, le chef d’établissement fait l’objet de multiples accusations dont les harcèlements sexuels sur les élèves. Dans des plaintes déposées contre lui à la préfecture du Haut-Nkam, les signataires demandent l’ouverture d’une enquête.

Des cas actuels et antérieurs qui font monter le barreau du Cameroun au créneau pour dénoncer des atteintes à « l’intégrité physique des enfants parfois très jeunes ». Ce faisant, il a annoncé la création d’une cellule d’assistance juridique gratuite en soutien aux victimes et leurs familles. Une cellule qui a également pour ambition de briser le silence autour des agressions sexuelles sur mineur(e)s et garantir le châtiment des auteurs. « Pour sa part, le Barreau du Cameroun par la voix de son Bâtonnier de l’Ordre, se constitue d’office aux côtés des familles victimes de ces exactions d’un autre genre à travers la création d’une cellule spéciale chargée d’assister, de conseiller et de défendre les cas de viols d’enfants », lit-on dans le communiqué signé par le bâtonnier de l’ordre, Me Mbah Eric Mbah.  En ce qui concerne les tâches précises de la cellule, le bâtonnier de l’ordre explique : « Cette cellule se chargera entre autres de contacter les différentes familles victimes de ses exactions pour le suivi des dossiers jusqu’à l’aboutissement des procédures judiciaires ».

Cette cellule est constituée  d’un président : Me Memong Philipe Olivier, un rapporteur : Me Zangue Serge Martin et des membres tels : Me Charlotte Tackounte, à Douala ; Me Mbuyah Gladys épse Luku, avocate à Mutengene ; Me Nkongwe Dorcas Mirette à Yaoundé et Me Nje Jude Mokom à Bamenda. Selon le Bâtonnier de l’ordre, « le Président de cette cellule aura pleine compétence pour adjoindre à cet organe d’autres Avocats qu’il désignera », au besoin. Le contact de ladite cellule est : 654 815 610.

C’est une nouvelle saluée par plus d’un, tandis que certains attentent l’impact sur le terrain. Cette mesure qui devrait être compléter par le sens de responsabilité des autorités publiques, des familles et établissements que le barreau du Cameroun a également interpellé dans sa sortie.

 

Chanelle NDENGBE

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