Sur les quatorze(14) membres du Conseil supérieur de la magistrature suprême, six (06) sont des femmes dont certains visages ne sont méconnus du grand public.
Six visages féminins siègent au Conseil supérieur de la magistrature suprême, selon la liste des 14 membres du Conseil dévoilée dans le décret présidentiel du 2 juin 2026. Ces dames qui seront notamment en charge de la gestion des carrières des magistrats sont des femmes politiques avec différents profils, des femmes politiques du parti au pouvoir et de l’opposition.
Soppo Toute Marlyse, la doyenne de l’Assemblée nationale
Après avoir été proposée en 2011 au Conseil supérieur de la magistrature par le Président de la république, la députée Soppo Toute Marlyse du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a été reconduite cette fois-ci sur proposition de l’Assemblée nationale. Elle en est membre titulaire. Avant le décret présidentiel du 2 juin dernier, l’honorable a été populaire en mars dernier suite à une distinction. L’ancienne 1ère adjointe au maire de la commune de Douala 2e avait été élevée au rang de doyenne d’âge à l’Assemblée nationale du Cameroun, succédant à la défunte Laurentine Nkoa Mfegue. Une reconnaissance qui se produisait six ans après son arrivée au Parlement à l’issue de son élection à Wouri-centre, en février 2020. Comme en mars dernier avec la distinction de doyenne d’âge, on célèbre la valorisation d’une ancienne pionnière dans les airs. La titulaire au Conseil supérieur de la magistrature a été la toute première femme lauréate du concours des hôtesses de l’air de Cameroon Airlines 1971, alors qu’elle était âgée de 24 ans. Un métier qu’elle a exercé pendant plusieurs années avant d’intégrer l’administration du transport aérien et de se lancer plus tard dans la politique.
Ngoni Mariam, la députée du Logone-et-Chari
L’honorable Mariam Ngoni est membre titulaire du Conseil supérieur de la magistrature sur proposition de l’Assemblée nationale. La députée du RDPC est reconduite mais fait l’objet d’une promotion interne. Ancienne suppléante, elle est promue titulaire en remplacement d’Ali Mamadou. La parlementaire est connue dans sa circonscription pour son engagement pour la paix et la sécurité. C’est aussi une femme dont le leadership est apprécié. En mobilisant plus de 30 leaders à l’occasion de la convention nationale des femmes pour la paix organisée à Yaoundé, l’honorable Ngoni a montré qu’elle était une figure de proue du militantisme féminine pour les causes sociales au Cameroun en général et dans le Logone-et-Chari en particulier. Pour impacter la jeunesse de sa communauté, elle s’implique également dans le Réseau des parlementaires pour la promotion de la jeunesse et de l’enfance (REJE).
Fofung Nabun et Mekoulou Cunégonde, les magistrates titulaires
La cour suprême du Cameroun a proposé deux femmes titulaires, les magistrates Fofung Nabun et Mekoulou Cunégonde, toutes deux reconduites.
Chez les suppléantes, Ntyam Ondo Mengue Zomo et Ngo Issi Rolande, respectivement magistrate et députée du Parti pour la réconciliation nationale du Cameroun (PCRN), sont reconduites.
Six femmes ont donc cette lourde responsabilité de veiller à l’indépendance de la justice au Cameroun selon les attributions du Conseil supérieur de la magistrature. Si les sièges féminins sont encouragés, la forte domination du parti au pouvoir reste critiquée.
Chanelle NDENGBE
