LUTTE CONTRE LA DROGUE : LES FEMMES MONTENT AU FRONT DANS LE SUD-OUEST

Déjà durablement éprouvées par la crise anglophone, les femmes montent au front contre le trafic de drogue qui tend à vouloir achever leurs enfants.

Buéa, Mbeme, Bai-Panya ont récemment été le terrain de luttes populaires contre le trafic de stupéfiants. En première ligne du combat, les femmes expriment leur ras-le-bol face aux dégâts sociaux entrainés par la consommation des stupéfiants.

A Mbeme, marche rituelle des femmes pour stopper la propagation des drogues

Dans ce village situé à Upper Banyan, département Manyu, plusieurs dizaines de femmes vêtues de noir ont marché en brandissant pour s’insurger contre la circulation fluide et croissante de stupéfiants dont le tramadol, le cannabis et bien d’autres. En brandissant des branches d’arbre de paix, les manifestantes dénoncent des effets désastreux sur les jeunes et les familles. La consommation des drogues est en effet à l’origine de la déchéance des jeunes, elle est l’une des raisons de l’insécurité. Ces femmes laissent entendre qu’il n y a plus de paix au sein des familles, les drogues ont tué le respect des enfants envers leurs parents et aînés. La situation est si grave que les jeunes consommateurs de stupéfiants deviennent même les bourreaux de leurs parents. « Les enfants se réveillent le matin sans aider leurs mères, ils répondent à tout avec insolence, allant parfois jusqu’à lever la main sur elles. Ce qu’ils savent faire c’est fumer le tramadol, le cannabis et toute autre drogue. Ils ne travaillent pas », a déclaré une manifestante.

Une situation face à laquelle elles ont une énième fois interpellé les autorités administratives et traditionnelles.

Accompagnant leur marche de prières et rites traditionnelles, les manifestantes ont mis les consommateurs de drogues en garde contre le sort qui leur sera réservé après cette manifestation rituelle. « Nous avons décidé de passer à des actions traditionnelles. Si ces jeunes abandonnent la drogue, leur vie pourront changer et ils auront leur liberté, mais s’ils continuent, ils devront en assumer les conséquences ».

C’est quasiment le même procédé que les femmes de Bai Panya ont suivi en mai dernier. Des mamans se sont également levées pour barrer la voie à la consommation des stupéfiants dont les effets sont insupportables. Arbre de paix en main, elles ont prononcé des paroles accompagnées de rites traditionnels au cours de leurs manifestations. Des avertissements aux dealers et consommateurs de drogues.  » Ceux qui continuent de vendre ces substances connaitront leur sort« , ont-elles averti.

A Buea, dans la capitale régionale du Sud-Ouest, les femmes ont également été aperçues dans la traque d’un dealer. Lorsque le dealer a été sorti de sa cachette, il a subi la colère de la population et ses produits ont été saisis avant l’intervention des forces de maintien de l’ordre. Les femmes ont participé à cette traque que les riverains ont organisé pour assainir la ville polluée par la vente et la consommation des stupéfiants.

Chanelle NDENGBE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
Top