La défense et la famille d’Aurélie Maurelle Nya ont vécu une audience inédite lors du procès qui les oppose à un prévenu dont l’absence a été le principal sujet de préoccupation.
L’affaire du féminicide d’Aurélie Maurelle a été appelée à la barre du Tribunal de grande instance du Wouri ce jeudi 10 septembre. Cependant, une situation inattendue a choqué la famille ainsi que le conseil de la victime, bouleversant le cours de l’audience.

Nicolas Mbock, le bourreau présumé, absent à l’audience
Dès 10 h, l’avocate Me Alice Nkom et la famille d’Aurélie Maurelle Nya étaient déjà présentes dans la salle d’audience. Il a toutefois fallu attendre 14 h 30 pour que les prévenus en détention arrivent afin que les affaires les concernant soient jugées. L’affaire Aurélie Maurelle, dont le prévenu Nicolas Mbock est en détention provisoire, a donc été retenue jusqu’à cette heure.
Pourtant, après le passage de trois fourgons pénitentiaires, Nicolas Mbock ne s’est toujours pas présenté. Une surprise pour le conseil de la victime et ses proches, mais également pour la cour et le président du tribunal. Invité à fournir des explications, le chef des gardes pénitentiaires a évoqué un dysfonctionnement, bien que la situation soit restée intrigante pour la famille. Finalement, la grand-mère d’Aurélie Maurelle a été appelée à la barre mais, en l’absence de débats du fait de l’impossibilité de comparer le prévenu, l’audience a de nouveau été reportée au 8 octobre prochain.
C’est ainsi la troisième fois que les proches de la victime quittent la salle sans que les débats n’aient pu s’ouvrir, suscitant une vive déception.
« Nous sommes arrivés ici à 10 h, et c’est à 16 h que nous repartons. Et l’audience est encore renvoyée ! Celui qui a tué ma fille n’était même pas présent, sans qu’on ne sache pourquoi », a réagi la grand-mère de la victime, entourée de ses deux petits-fils. « Justice, justice… Obtenir justice pour ma fille, c’est tout ce que je demande, c’est ce qu’elle mérite », réclame-t-elle.

Le meurtre d’Aurélie Maurelle avait inauguré la tragique série de féminicides de l’année 2025 au Cameroun. Après avoir passé le réveillon avec sa famille, la jeune femme de 25 ans était retournée chez son concubin — réputé violent à son égard — où elle avait été retrouvée morte dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 janvier 2025. Poursuivi pour « coups mortels », son concubin est placé en détention à la prison centrale de Douala, dans l’attente du jugement.
Chanelle NDENGBE
