Aucun niveau d’éducation n’est épargné par la vulnérabilité, dont le chiffre de 334 913 cas a été indiqué dans un rapport de l’Institut national de la statistique.
Si la rentrée scolaire 2026-2027 met en lumière des élèves en situation de vulnérabilité dans plusieurs établissements, les indicateurs de l’éducation et de la formation illustrent la réalité du lourd impact de la crise anglophone au Cameroun. Au total, 334 913 élèves et étudiants vulnérables avaient été recensés, selon un rapport de l’Institut national de la statistique (INS).
198 319 cas de déplacés internes au Cameroun : le chiffre majeur causé par l’insécurité
En classant les cas par type de vulnérabilité, l’INS indique que 198 319 élèves, étudiants et apprenants sont des déplacés internes, selon le Rapport sur les chiffres et indicateurs clés de l’Éducation et de la Formation en 2021-2022. Répartis à 51 % de sexe masculin et 49 % de sexe féminin, il s’agit de jeunes contraints de fuir leur localité en raison des crises sécuritaires. Ces crises font d’innombrables victimes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les groupes armés sèment la terreur depuis près de 10 ans et y ont instauré le « ghost town » ou « dead monday » (« lundi mort »).
Le jour de la rentrée scolaire, le lundi 7 septembre 2026, a d’ailleurs été un nouveau théâtre de cette crise communément appelée « crise anglophone ». La visite du préfet de la Menchum dans les établissements scolaires a viré au drame au Government Technical Teacher’s Training College (GTTC) de Wum : son convoi a été attaqué, causant la mort d’un commissaire de police, et des enseignants ont été enlevés avant d’être relâchés. Cette énième attaque dans le Nord-Ouest illustre la terreur dans laquelle vivent les populations locales et celles du Sud-Ouest, surtout en contexte scolaire, ce qui explique les déplacements à travers le pays. La région de l’Extrême-Nord est quant à elle frappée par les exactions des éléments de Boko Haram, une autre situation qui entraîne le déplacement des familles et fragilise la scolarisation des élèves et étudiants.
Au total, les personnes vulnérables inscrites dans les établissements scolaires et périscolaires se répartissent ainsi : 73 % dans le primaire, 12 % dans le secondaire et 6 % dans le périscolaire. Les autres formes de vulnérabilité concernent les réfugiés (85 034 cas), les jeunes ayant des besoins spécifiques (21 656 cas), ainsi que 29 904 cas d’autres types non spécifiés. La prise en charge globale des scolaires en situation de vulnérabilité a mobilisé 926 milliards de francs CFA en 2022, soit 3,3 % du Produit intérieur brut (PIB).
Pour l’année scolaire 2026-2027, l’État du Cameroun devra faire face aux mêmes défis, les crises sécuritaires qui frappent l’éducation n’étant toujours pas résolues.
Chanelle NDENGBE
