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AUTISME AU CAMEROUN : BRISER LES SUPERSITIONS AUTOUR DE LA MALADIE

La maman d’un adulte autiste révèle qu’elle est obligée de le suivre partout, ce trouble est encore inconnu de plusieurs, certains pensent que le handicap est lié à de la sorcellerie.

Sous le thème « Vers un monde neuro-inclusif pour tous », les activités de la semaine de l’autisme se sont regroupées au sein de l’association autisme et sensibilisation qui a organisé, causeries éducatives dans les écoles primaires et secondaires ; table ronde, concerts de musique et défilés de mode pour l’épanouissement des personnes souffrant d’autisme. La projection du film «2 Avril», initiative d’un membre de l’association, la célèbre actrice et productrice Noelle Kenmoe, a clôturé les activités.

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L’ignorance sur l’anomalie qu’est l’autisme constitue un frein

Lorsqu’un individu, enfant soit-il, manifeste ce trouble neurologique, ceux qui ignorent ce que c’est, rattachent son comportement à de la sorcellerie. Une femme témoignait avoir été injuriée pendant des années par sa belle-famille parce que son enfant est autiste.

Lorsque les personnes autistes sont ainsi stigmatisées, leur intégration dans le monde professionnel et même social est une difficulté énorme. C’est à cet effet que le psychologue Armand Happy, panéliste à la table ronde organisée par l’association autisme et sensibilisation faisait comprendre que l’ignorance est dangereuse parce qu’elle empêche l’encadrement basique des personnes autistes. « Les expériences montrent que les capacités d’intégration socio-professionnelle des personnes sont intimement liées à leur enfance, de la manière dont il a été éduqué« , explique le spécialiste.

Aussi l’inclusion sociale et professionnelle des adultes autistes dépend de l’encadrement qu’ils reçoivent dès l’enfance, « cet encadrement basique est d’autant plus important quand on a affaire aux personnes particulières comme les autistes » ajoute-t-il. Des témoignages évoqués confirment l’argument du psychologue, notamment celui de dame Tchokam Marie Louise, 76 ans, maman d’un autiste âgée de 45 ans. La maman avait remarqué un comportement  étrange, mais n’avait pas connaissance de la maladie qu’est l’autisme. C’est lorsque son fils était âgé de 17 ans qu’elle a appris ce dont il souffrait.  » C’est la première fois de ma vie que j’ai entendu le nom autisme » affirme-t-elle. L’encadrement de cet enfant ne s’est donc pas vite effectué et les conséquences sont aujourd’hui visibles chez l’adulte autiste de la quarantaine. « Je suis toujours avec lui, car il ne maitrise pas le danger il peut se lancer sur la route comme ça en pleine circulation. Pour plusieurs choses je dois toujours être là, il s’est amélioré, mais reste encore très dépendant à plusieurs niveaux« , révèle tristement dame Marie Louise.

L’actrice de cinéma Myra Bika’a également maman d’un enfant autiste s’exprime à ce sujet et de son témoignage ressort la responsabilité sociétale et étatique:  » Il faut avoir beaucoup de courage, parce que le regard de l’autre, de la société est trop pesant, à chaque fois il faut s’expliquer pour être comprise pour faire accepter ton enfant, faire comprendre que c’est juste un handicap« .  Mais, le processus d’intégration des personnes autistes reste difficile  en raison des coûts excessifs des formations de ces enfants, des coûts qui pour reprendre les mots de Noëlle Kenmoe « ne sont même pas au niveau des citoyens moyens ». C’est d’ailleurs l’un des objectifs du film 2 Avril , l’actrice voulait influencer le gouvernement par l’histoire du petit autiste Kwessi qui traverse mille épreuves avec sa maman.

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Un espoir pour l’inclusion

L’inclusion promet au regard de l’intérêt manifesté par un bon nombre de personnes ayant assisté aux activités, notamment à la projection du film « 2 Avril ». Depuis la sortie de ce film d’ailleurs, les militants pour la cause des autistes observent beaucoup d’amélioration, Landry Pefoubou en l’occurrence. C’est l’un des coordonnateurs de l’association autisme et sensibilisation. « Le film 2 Avril a aussi été un catalyseur dans le sens de répandre cette nouvelle et sensibiliser les gens sur la curiosité de ce qu’est l’autisme », révèle-t-il. Noelle Kenmoe est du même avis.  » Depuis la sortie du film, il y a beaucoup de changements. Certains ne sont plus marginalisés et d’autres sont identifiés rapidement par leurs caractères. Vous pouvez voir quelqu’un qui dit cet enfant est autiste parce qu’il fait comme ça ou comme ci et dans 60%des cas c’est avéré « , dit la réalisatrice. Une téléspectatrice qui a répondu à notre micro confirme les propos des militants. « Je n’ai pu m’empêcher de couler des larmes. Je crois que le gouvernement doit faire quelque chose« .

L’artiste plasticien Ngambi Hervé révélait que des études effectuées sur le comportement de certaines figures mondiales telles que Albert Einstein et Léonard de Vinci prouvent qu’ils pouvaient être autistes. Ainsi il y a de l’espoir pour les autistes au Cameroun, l’environnement dans lequel l’autiste évolue devrait juste être propice à son développement, sans préjugé et sans marginalisation.

Chanelle NDENGBE

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