L’auteur de la grossesse écope une lourde sanction et se voit retirer les privilèges liés à une responsabilité qui lui avait été confiée au sein de la prison.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, à la prison centrale de Buéa, dans la région du Sud-Ouest, Pélagie Wanwanie Andong, 24 ans est enceinte. Récemment lauréate du GCE et placée en détention provisoire pour une affaire criminelle impliquant de l’argent, elle porte une grossesse de trois mois suite à des rapports intimes avec Emma Chukwu alias Bunch, incarcéré pour homicide involontaire. L’histoire est d’autant plus curieuse qu’Emma Chukwu est le Yard boy, c’est à dire, le détenu chargé d’inculquer la discipline aux autres détenus.
Selon des révélations d’un gardien à nos confrères de MMI, l’histoire commence en août dernier lorsque Bunch soudoie un gardien pour laisser entrer Pélagie dans le vestiaire des gardiens. C’est dans cet endroit de la prison que les deux détenus auraient eu leurs rapports intimes. « Bunch avait depuis longtemps l’intention d’avoir des relations sexuelles avec la fille. Ils ont essayé d’utiliser l’infirmerie, ça n’a pas fonctionné. Ils ont essayé le bureau du maître de cour, mais ça n’a toujours pas fonctionné. Bunch a dû payer le gardien de service au parloir, pour aller chercher Pélagie comme si elle avait une visite. Il a amené Pélagie dans la pièce où les gardiens se changent et ils ont eu des relations sexuelles », rapporte l’informateur. Le fait serait passé inaperçu des responsables de la prison jusqu’à ce que la jeune femme présente des signes de grossesse au point de s’évanouir. Après s’être évanouie, Pélagie a été conduite à l’infirmerie de la prison où sa grossesse a été découverte. C’est à ce moment que la détenue révèle son aventure avec le yard boy, indiquant qu’il est l’auteur de la grossesse.
Les moyens employés pour arrivés à l’acte en lui-même sont reprochés au yard boy. Sur ordre du directeur Simon Pierre Mengue, le détenu a été menotté et placé en cellule d’isolement. Aussi, son titre de yard boy lui est retiré et par conséquent tous les avantages y relatifs.
C’est une histoire qui suscite débat, surtout que les relations sexuelles sont interdites dans l’espace carcéral selon plusieurs réglementations pénitentiaires dont celles du Cameroun. Une étude du professeur anthropologue Jeannette Wogaing « Etre mère en prison », publiée en décembre 2021 renseigne d’ailleurs que les femmes n’auraient pas droit au sexe en prison. « Si les femmes écrouées ont pu donner la vie, elles n’ont plus droit au sexe pour parler comme l’une d’elles », lit-on chez l’anthropologue. Une proscription également rencontrée chez les détenus masculins.
Chanelle NDENGBE
