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LES CRISES SÉCURITAIRES AU CAMEROUN AFFECTENT PLUS D’UN MILLION D’ENFANTS EN ÂGE SCOLAIRE

L’état des lieux des crises sécuritaires reste préoccupant pour les enfants, l’accès à l’éducation étant devenu un luxe. 

Ils sont 1,4 millions d’enfants camerounais en âge d’être scolarisés qui se retrouvent dans un besoin urgent d’assistance éducative selon un rapport du conseil norvégien pour les réfugiés. Des enfants qui payent les frais des exactions des séparatistes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (Noso), ainsi que de celles du groupe islamique Boko Haram, qui opère dans une partie du septentrion.

Les enfants payent le lourd tribut des crises sécuritaires au Cameroun. Dans le cadre de la crise anglophone, débutée en fin 2016, liée aux revendications d’une harmonisation du système éducatif dans le Noso les éleves et enseignants sont attaqués dans les établissements et lors des cérémonies relatives à la fête de la jeunesse traditionnellement célébrée le 11 février dans le pays. Les conséquences sont dévastatrices sur le plan humain, mais aussi sur le plan de l’éducation. La crise oblige les enseignants et les élèves à déserter les établissements, d’autant plus que les groupes armés imposent des boycotts scolaires et commerciaux pour faire pression sur le gouvernement. L’ONU avait déclaré en 2019 que 855 000 élèves n’étaient pas scolarisés dans le Noso suite aux attaques séparatistes perpétrées contre des écoles. Le bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) indiquait jusqu’en juin dernier à plus de 200 000 le nombre d’enfants non scolarisés du fait de la fermeture de 2875 écoles en 2023. A cette même période, l’absence d’une centaine d’élèves à l’examen national de fin de cycle primaire était constatée dans le Donga-Matung, dans la région du Nord-Ouest.

Pour les défenseurs des droits humains, c’est un désastre qui secoue la jeunesse, un vol de leur avenir et de ce qu’ils pouvaient apporter à la société grâce à l’éducation. «Le ciblage délibéré des écoles et le déni systémique de l’éducation en raison du conflit n’est rien de moins qu’une catastrophe. Chaque jour, un enfant n’est pas scolarisé est un jour volé à son avenir et à celui de sa communauté », affirme sieur Hassane Hamadou, directeur national du conseil norvégien pour les réfugiés en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Le témoignage d’une survivante des attaques dans le Sud-Ouest, aujourd’hui âgée de 20 ans, rend compte de la tragédie que vivent les enfants dans cette crise. La jeune fille à l’époque adolescente était en plein examen lorsque son école a été attaquée. « C’était le bruit de la mort… J’ai prié silencieusement pour un miracle », se souvient Jane Ndamei des faits produits il y a cinq ans. Si la jeune fille après un moment de trouble a pu poursuivre ses études pour réaliser son rêve de devenir médecin, plusieurs n’ont pas eu la même chance. « J’ai eu le privilège de rester avec des membres de ma famille élargie dans les régions qui n’ont pas été touchées par la crise, mais beaucoup de mes camarades de classe n’ont pas eu cette chance », rapporte la jeune étudiante qui regrette l’installation des grossesses précoces.« Vous voyez des enfants de 11 ou 12 ans assis à la maison et avant que vous ne vous rendiez compte, elles sont enceintes. Leur avenir est brisé », déplore Jane.

Des milliers d’enfants sont ainsi brisés devant leurs parents et proches impuissants face aux crises sécuritaires. L’assistance éducative s’impose ainsi, elle est urgente pour sauver l’avenir des enfants, et par ricochet l’avenir du pays.

Chanelle NDENGBE

 

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