A côté des facteurs de risque rencontrés chez certaines femmes, les médecins listent des facteurs protecteurs pouvant mettre à l’abri de la pathologie.
Selon le rapport cancers 2021 établi par le ministère de la santé publique, 4170 cas de cancer du sein sont recensés chaque année au Cameroun. Des chiffres alarmants qui font de lui le premier cancer féminin et qui invitent à la réflexion comme c’était le cas le 17 octobre à l’hôpital Laquintinie de Douala, dans le cadre d’une table ronde sur le thème «Du diagnostic au parcours thérapeutique». Une rencontre qui a permis d’informer sur les facteurs de risque du cancer du sein.
Menstruation précoce et ménopause tardive
Une jeune fille qui voit tôt ses menstrues est plus exposée au cancer du sein de même la femme qui a une ménopause tardive, en ce sens où les œstrogènes constituent l’agent promoteur du cancer du sein. C’est ce qu’explique le Dr Moukouri Gertrude, gynécologue obstétricienne. « Ce qui donne le cancer, l’agent promoteur comme on l’appelle ce sont les œstrogènes. C’est pourquoi on n’a pas de cancer chez les filles qui n’ont pas encore de règles », explique le médecin. Comme facteurs de risque on a donc « celle qui a ses règles avant l’âge de 12 ans ou celle qui a sa ménopause après 50 ans.», illustre-t-elle.
Accouchement tardif
Les femmes qui accouchent après 35 ans sont plus exposées au cancer du sein en raison de la fragilité des cellules mammaires. « La glande mammaire atteint sa maturité lors du premier allaitement. C’est là que les cellules ont la capacité de lutter facilement. Plus la femme accouche tardivement, plus les cellules sont capables de se transformer en cancer», argue le médecin gynécologue.
Facteurs de risque cosmétiques, nutritionnel et génétiques
L’utilisation de certains produits pour gonfler la poitrine est décriée par les médecins. Ils agressent en effet les cellules mammaires de sorte à faciliter leur développement en cancer. Par ailleurs, les facteurs nutritionnels sont importants lorsqu’on évoque le cancer du sein. Plus on est obèse, plus on est exposé au cancer du sein, ainsi la consommation des aliments riches en graisse est comme le déclare la gynécologue un facteur de risque au cancer du sein. En outre, les facteurs génétiques sont aussi pris en compte. Une femme dont un ascendant plus ou moins direct a eu un cancer de toute forme, peut être exposée à développer un cancer du sein.

Des facteurs protecteurs
Ils sont liés au mode de vie, y compris celui d’une nouvelle mère. Dans la liste de ces facteurs protecteurs, le Dr Moukouri évoque en premier l’allaitement maternel prolongé. La spécialiste explique que si une mère allaite son nouveau-né sur une longue période, elle diminue le risque de développer un cancer du sein. Plus longtemps la nouvelle mère allaite, plus elle est protégée. Cette protection pourrait s’expliquer par le fait que pendant l’allaitement, la femme est moins exposée à certaines hormones pouvant favoriser le cancer du sein. En outre, éviter une alimentation riche en graisse et privilégier celle riche en vitamine A et E, dont les légumes, les fruits, protègent contre le cancer du sein. Aussi, il faudra éviter d’exposer la poitrine aux produits susceptibles d’agresser les cellules mammaires, même si les mobiles sont esthétiques. Enfin l’activité physique régulière est également recommandée pour réduire le risque de cancer.
Au-delà des facteurs protecteurs, il est nécessaire de rester vigilante car «ce qu’il faut retenir sur le cancer du sein, c’est que malheureusement, il ne fait pas mal. Généralement, il fait mal lorsqu’il est déjà un peu avancé», pour reprendre le Dr Moukouri. A cet effet, la femme doit aussi être responsable en se faisant régulièrement dépister.
Comment s’auto-palper les seins ?
L’auto-palpation est le premier type de dépistage du cancer du sein, il n’est surtout pas couteux. Le médecin le recommande une fois par mois chez toutes les femmes et après les règles chez celles qui en ont. L’autopalpation doit suivre un procédé ordonné expliqué par le médecin.
-Se tenir droit devant un miroir.
-Regarder l’aspect ovale des seins. Est-ce que les veines qu’on ne voyait pas au niveau des seins sont maintenant visibles ?
-Au pressé, est-ce qu’il y a du sang qui coule?
-La peau a-t-elle changé de couleur ?
-Vous pouvez commencer avec la palpation, étant debout ou assise
-Une main derrière la tête, vous devez imaginer le sein divisé en quatre quadrants et palper en passant par le mamelon.
-Terminez par la palpation du mamelon.
-Chez toute femme, si une boule est constatée, consulter. Si un écoulement de sang est constaté, consulter immédiatement. Chez les femmes ménopausées, si le sein coule, c’est anormal, elle doit consulter immédiatement. La remarque de l’aspect orange doit aussi être un signe d’alerte.
La table ronde relative au cancer du sein a été organisée dans le cadre des activités pour la lutte contre la pathologie, en cet octobre rose, mois dédiée à la lutte contre le cancer du sein.
Chanelle NDENGBE
