Pendant que Noumbop Laure était torturée en présence de ses proches, le bourreau présumé n’a pas laissé l’occasion de la secourir.
C’est à Galim dans les bamboutos au village Tata que se déroule le drame le samedi 19 octobre 2024 aux environs de 21h. Selon des sources sur le terrain, Noumbop Laure avait pris la décision de retourner dans la concession familliale depuis plusieurs semaines, son compagnon était devenu de plus en plus violent. Celui-ci aurait déclaré être militaire alors qu’il était membre du comité de vigilance, à la découverte de la vérité, la tension se serait accentuée. D’ailleurs l’homme serait devenu encore plus colérique depuis que sa maison avait été brûlée par les membres de groupes armés ambazoniens.
En ce qui concerne le fémincide, le samedi, Noumbop Laure et Mekue Hilaire se sont rencontrés dans une cérémonie d’obsèques et c’est dans ces lieux que la violence a commencé.
« Il était arrivé au deuil, menaçant de mettre fin à sa vie(la vie de Laure). Bon les gens ont cru que c’est les histoires de couple. Parce que selon ces mamans il avait même pris le couteau que les femmes utilisent pour tailler le légume, il a effrayé la femme avec … les gens ont condamné l’acte mais ils n’ont pas pris ça au sérieux. »,
relate notre source.
Pour eviter de subir les assauts de son compagnon, Laure est retournée avec les siens. Sauf que Mekue Hilaire ne va pas s’arrêter là, il va revenir dans ladite concession pour la chercher couteau et arme à feu en mains.
« Il est entré à la maison sans chaussure, il a laissé ses chaussures dehors, il est entré avec un long couteau et une arme il a essayé de semer la débandade avant de prendre la course derrière sa compagne ».
Une fois la famille dispersée, il va donc se saisir de sa victime et l’eventrer.
« Au moment d’intervenir, monsieur Mekue Hilaire avec son long couteau et son arme … m’a poursuivi … je me suis retrouvé dans le ravin là bas en bas »,
déclare le frère de la défunte Laure au micro d’Equinoxe.
Les membres de la concession familiale décident donc de faire bloc pour affronter le bourreau de leur sœur, ce dernier s’enfuit, laissant une victime grièvement entaillée à l’abdomen. Conduite d’urgence à l’hôpital Ad Lucem de Mbouda, elle y rend l’âme, laissant orphelins ses jumeaux. Le bourreau présumé pour sa part va retourner chez lui pour rédiger une lettre dans laquelle il affirme se donner la mort. Il est activement recherché par les éléments de la gendarmerie.
A date, notre rédaction comptabilise 57e féminicide en 316 jours au Cameroun.
Chantal Mveng
