Le message a été porté pour briser les stéréotypes socio-culturels qui entravent l’inclusion des femmes dans les métiers technologiques.
Des activités au menu du Digital Innovation Festival (DIF), se range la table ronde intitulée « Les femmes dans la tech ; Leadership et représentation », tenue le soir du mardi 15 octobre 2024. Un panel riche en informations en faveur de l’inclusion des femmes dans les métiers technologiques, animé par des femmes qui ont fait leurs preuves dans le secteur et modéré par la journaliste, Ceo de Griote Clarence Yongo.
Le recul des femmes dans les NTIC est remarqué notamment à travers des chiffres qui indiquent que les femmes représentent seulement 20% des travailleurs dans le domaine des TIC. Pour les panélistes, c’est une triste réalité qui résulte de la combinaison de plusieurs facteurs qu’il est possible de contourner.
Briser les obstacles socio-culturels car l’excellence n’a pas de genre
Selon les panélistes, le facteur culturel lié à la perception de la femme en société est l’un des éléments majeurs du recul féminin en milieu technologique. Ainsi, le combat pour la promotion des femmes dans les TIC est lié au combat global de la promotion de l’éducation chez la jeune fille, qui au-delà du foyer, a sa marque à laisser sur le plan intellectuel, notamment au niveau technologique. Mais quand bien même les jeunes filles font des études, il arrive que les principes culturels qui tendent à les prétendre inférieures à leurs homologues masculins fassent qu’elles perdent confiance sur le plan intellectuel et dans les matières scientifiques. Aussi pour encourager les jeunes filles, l’expression « l’excellence n’a pas de genre » a résonné dans la salle de conférence. « Nous nous sommes rendus compte que beaucoup de jeunes femmes n’aiment pas les filières scientifiques, parce qu’elles ont peur des mathématiques, des sciences. Elles se sont déjà dit que ce sont les métiers et disciplines pour hommes alors que ces métiers sont ouverts à toutes les femmes. Nous invitons les jeunes filles à aimer les filières scientifiques et à se frotter au domaine de la technologie », conseille la panéliste Nicole Ngatchou, CEO du cabinet NAAS RH.
Le faible accès à internet et défaut d’investissement
Le difficile accès au smartphone et à internet est un frein à l’intégration des femmes dans les TIC, au Cameroun et en Afrique, les jeunes filles et femmes sont confrontées à cette difficulté. En avril 2023, l’UNICEF indiquait que 90% de filles et femmes de 15 à 24 ans, vivant dans les pays à faible revenus n’ont pas accès à internet. L’impact sur l’apprentissage et la vie professionnelle au 21e siècle est évident. En moyenne, « dans 32 pays, les filles ont 35% de chances de moins que leurs homologues masculins de posséder des compétences numériques, y compris des activités simples comme copier-coller des fichiers ou des dossiers, envoyer des mails », révèle l’organe onusien. Pour Me Ngue Gaelle directrice du cabinet Ngue et Associés et panéliste à la conférence, ceci explique le recul technologique des filles et femmes vivant dans les zones rurales. Mais le défaut d’investissement n’améliore pas cette situation. Aussi, investissements publics et privés sont encouragés pour palier ce problème, en équipant les jeunes filles d’outils nécessaires pour les accrocher à la technologie. Les femmes qui ont des capacités devraient être les premières investisseuses pour la formation des femmes et l’entrepreneuriat féminin car « elles sont mieux placées pour comprendre les difficultés que rencontrent leurs consoeurs » déclare Fadilah Tchoumba, CEO de ABAN.

Quête de repères pour la jeunesse et obligation de mentorat
Pour Mbokombo La blanche, cadre d’appui au ministère des postes et télécommunications (Minpostel), étant donné le contexte difficile, il est impératif pour les jeunes filles qui aspirent à faire carrière dans les métiers des TIC de s’inspirer des celles qui sont aujourd’hui leaders dans le domaine. « Ce que je peux dire aux jeunes filles c’est de chercher. Sur les réseaux sociaux, Il y a aussi des femmes qui partagent leur quotidien comme ingénieure ou femme de la tech … Les jeunes filles ne doivent pas seulement rechercher les femmes pour leurs greffes, pour leurs ongles, leur make-up etc, mais s’inspirer de ces femmes de la Tech qui s’illustrent sur le digital« , conseille, la panéliste. Elle est suivie dans cet élan par Christiane Dzongang, Directeur administratif et financier chez ITG Store. Elle aussi insiste sur l’accompagnement des jeunes filles, leur mentorat comme le fait Eposi Frida de data girl technologies sur le terrain des zones anglophones en conflit.
Toujours pour soutenir les femmes dans les domaines de la tech, Sylvia Nfonba a non seulement fait mention des usages au quotidien pour le bien-être féminin et de la sécurité, mais aussi sur les défis actuels. La directrice d’Orange business n’a pas manquer de faire appel aux dames pour le Poesam un projet qui vise la promotion des projets de start-ups.
Tenu en sa 3e édition à Douala, du 15 au 17 octobre 2024, le DIF est organisé par Activspace et réunit les acteurs de l’environnement numérique d’Afrique centrale autour des « enjeux de l’innovation technologique et entrepreneuriale« . Il ressort notamment que le domaine technologique est au 21e siècle un outil indispensable au fonctionnement des activités génératrices de revenus. Cest pourquoi les femmes aspirant à l’autonomie doivent s’y intéresser et saisir les nombreuses opportunités privées et publiques mises à leur disposition.
Chanelle NDENGBE

