De nouvelles victimes sont tombées à Bamenda dans le cadre de la crise anglophone qui fait des victimes depuis l’année 2016.
Face à ce drame, les populations locales se trouvent bien impuissantes pour consoler cette mère de famille, qui affronte aujourd’hui la perte de son sixième enfant dans cette guerre.
Les larmes ont coulé de plus belle et la peur a redoublé à Bamenda, la capitale régionale du Nord-Ouest, après une série d’incidents violents survenus la semaine dernière. L’image d’une femme se tenant debout devant la dépouille de son fils a captivé tous les regards : le conflit vient de lui arracher son sixième enfant.
Vendredi dernier, au quartier New Layout, le corps du jeune homme gisait au sol devant une foule nombreuse, sa mère assise à ses côtés. Tantôt murée dans un silence lourd, tantôt poussant des cris de détresse, cette mère laissait lire tout son traumatisme dans son attitude. Lorsqu’elle a réussi à s’exprimer, elle a confié que ce garçon était le sixième fils qu’elle perdait depuis le début de la crise. Elle a également révélé que l’un d’eux avait été enlevé il y a trois ans et n’avait plus jamais donné signe de vie. « Mon fils a été emmené de force dans un véhicule il y a trois ans et, à ce jour, je ne sais toujours pas s’il est mort ou vivant », a-t-elle déclaré. Elle supplie désormais qu’on lui ramène au moins sa dépouille afin qu’elle puisse faire son deuil en l’inhumant dignement. Brisée par le chagrin, la mère de famille a perdu l’équilibre en racontant cette tragédie qui la hante depuis des années.
Au lendemain de ce drame qui a de nouveau frappé cette femme, une autre famille a été plongée dans le deuil à Bamessing, suite au meurtre d’un enfant de 10 ans. Le jeune garçon a été tué le matin du samedi 11 juillet, au cours d’une attaque contre un véhicule de tourisme qui se dirigeait vers Nso, selon le média DrayInfos. L’enfant, qui se trouvait à bord du véhicule, a été mortellement atteint par des balles, tandis que plusieurs autres passagers ont été blessés. Cette attaque a été revendiquée par un groupe armé séparatiste. Une nouvelle vie innocente fauchée, comme s’est écrié un témoin en pidgin : « Âme innocente, enfant innocent, tu meurs pour une cause que tu ne connais pas, une chose dont tu ne sais même pas comment elle a commencé. »
Ces événements tragiques ne seraient que la face visible de l’iceberg des souffrances endurées par les civils dans ce conflit armé qui dure depuis dix ans. Une crise qui fragilise la paix au Cameroun et dont les populations du triangle national attendent impatiemment la résolution.
Chanelle NDENGBE
