www.griote.tv

DÉCÈS D’UNE ADOLESCENTE SOUS LES COUPS DE SA FAMILLE À DOUALA : QU’EST-CE QUI S’EST RÉELLEMENT PASSÉ ?

C’est un lendemain de fête tragique pour la famille de la jeune fille qui a péri après avoir été battue à tour de rôle par ses proches. 

Au quartier vampire, l’histoire est connue de tous. Le choc se lit sur le visage des voisins d’Ariel Boukam Tagne, 17 ans. Les riverains du génie militaire, dans le 3e arrondissement de la ville de Douala, parlent d’une correction familiale qui a mal tourné. La benjamine de la famille est désormais dans le monde des morts.

Lorsque les reporters de Griote arrivent le 31 décembre 2024 sur le lieu du drame au quartier Vampire, ils constatent que le portail familial est fermé de l’intérieur. Aucune réponse lorsque nous frappons, mais l’on se rend bien compte qu’il y a des signes de vie.

Nous décidons donc de nous retourner vers les voisins, ils nous apprennent qu’Ariel a reçu deux tours de correction de la part de sa mère et ses sœurs pour avoir passé la nuit du 25 au 26 décembre 2024 hors de la maison. «Le 25 on s’est croisé, elle m’a dit qu’elle allait sortir. Le lendemain vers les 14h, j’entends comment sa mère la fouette comme elle fouette souvent ses enfants. Elle a commencé à fouetter, après sa sœur a fouetté aussi, après sa deuxième grande sœur est aussi venue fouetter. Ariel criait, nous sommes sortis, on a trouvé le portail fermé. On s’est arrêté on s’est dit qu’elle va la fouetter comme elle fait souvent et puis ça va passer », informe un jeune voisin qui veut rester dans l’anonymat. Le jeune homme et les autres jeunes qui l’entourent expliquent qu’après cette bastonnade collective, Ariel a eu droit à une autre un peu plus tard. C’est son frère aîné qui a pris les commandes cette fois-là. «Vers 19h maintenant, son grand frère qui s’appelle Joël est venu, il l’a aussi frappée. Vendredi le 27 décembre, vers 2h on nous dit qu’elle est morte. Le moto-taximan nous dit que quand on la conduisait à l’hôpital elle ne respirait plus». Gilbert, un autre voisin rapporte qu’après lesdites bastonnades, ils auraient constaté que l’état de la jeune fille était critique. C’est pourquoi on l’a conduite à l’hôpital où son décès a été constaté. « L’enfant avait dormi dehors, elle a été fouettée, mais après c’est comme s’ils se sont rendus compte que ça n’allait pas. Ils l’ont amenée à l’hôpital et puis ce qui est arrivé est arrivé », renseigne le voisin. Ariel aurait d’abord été conduite à l’hôpital du Génie-militaire, qui a recommandé son transfert à l’hôpital de Logbaba, selon les déclarations des voisins.

www.griote.tv

Ariel une enfant «malchanceuse» parmi ses frères?

Si des voisins soufflent que la colère des aînés et de la maman est aussi due à la découverte de la grossesse que portait Ariel, ils affirment aussi qu’elle a été malchanceuse, car sa maman est habituée à frapper ses cinq enfants d’une façon « exagérée ». « Même si on venait de découvrir sa grossesse, Ariel est une enfant malchanceuse. Elle a seulement eu la malchance de mourir, car c’est comme ça que sa mère les a tous tapés ici. Avant leur portail là était en tôles, on faisait seulement irruption là-bas pour secourir ses enfants. Mais depuis qu’elle a renforcé c’est difficile. Jusque-là deux jeunes hommes ont même escaladé ce portail une fois parce qu’on frappait la petite là », informe Gilbert. « Lorsqu’elle est revenue après l’incident elle a dit c’est ma fille, ce n’est pas la fille de quelqu’un d’autre. La manière dont le quartier s’est levé ici, c’est le génie militaire qui est venue à son secours», ajoute notre informateur.

Pour ce qui est de la réponse judiciaire, les versions sont différentes dans le quartier. Certains rapportent que le fils aîné de la famille aurait pris sur lui la responsabilité du décès de sa sœur, il aurait demandé à ce qu’on laisse partir sa maman. D’autres voisins par contre disent avoir vu le jeune homme en question dans les parages, mais celui-ci se fait discret tout comme sa maman. Des informations qui ne peuvent pas être vérifiées auprès de la maman de la défunte ou même de ses frères et sœurs, car nos reporters ont frappé plusieurs fois au portail familial sans succès.

L’élève en classe de lower sixth au lycée bilingue du génie militaire n’aura pas l’occasion de poursuivre ses études. Sa dépouille se trouve à la morgue de l’hôpital de district de Logbaba en attente d’inhumation.

Chanelle NDENGBE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
Top