À Ngaoundéré et à Douala où ont eu lieu des découvertes macabres, les corps des dames exposaient les signes de leurs tortures.
La liste des femmes tuées au Cameroun s’est rallongée ces deux derniers jours à la découverte des dépouilles mutilées à Ngaoundéré et à Douala. Des femmes ont été horriblement arrachées à la vie comme témoignent les sévices sur leurs corps.
Tranchée à la gorge, les yeux crevés …
L’homicide d’Elyse Ngeuyong, la cinquantaine est le plus récent. Ce mercredi 26 juillet 2024 aux environs de 18h30, le monde a accouru dans son domicile à la découverte de son corps gisant sur le sol dans un état effrayant. Il est 15h lorsque les reporters de Griote arrivent au quartier Nkolmintag à Douala afin d’enquêter sur cette affaire dont la rédaction a eu vent. En se renseignant, des riverains nous donnent le nom de la victime et nous indiquent son domicile situé à quelques pas en face du foyer Batoufam, et nous précisent tout de même que le domicile est fermé. Une information que nous confirmons sur place.
Les plus proches voisins d’Elyse Ngeuyong sont réticents, mais quelques-uns finissent par répondre à notre micro. Parmi eux, sieur Shephorin Nyanda. En plus d’être un proche voisin, il est témoin des évènements qui ont conduit à la découverte macabre. Ce que disent sieur Nyanda et les autres voisins c’est que c’est la nièce de la victime qui découvre le corps.
» Sa fille est venue vers 14h pour lui rendre visite, parce que normalement à cette heure elle est souvent là. Elle a cogné à la porte longtemps, mais rien. On est resté ensemble, 15h passe , 16h passe. Vers 17h comme la maison est en construction, elle guette et voit tout un bazard. Elle dit sûrement les bandits sont passés ici. Vers 18h, je me suis un peu éloigné, je ne sais pas comment elle a fait, mais comme la maison est en construction, elle a réussi à entrer ».
La nièce de la victime a eu le temps de constater que le désordre aperçu de l’extérieur s’étendait des chambres aux salons. La visiteuse gênée par les tas de vêtements, ustensiles qu’elle heurtait au sol, s’est résolue de ranger en attendant sa tante qu’elle croyait toujours hors de la maison, jusqu’à ce qu’elle heurte une jambe à l’entame du ménage.
« En rangeant, elle voit une jambe. C’est à ce moment qu’elle crie et les gens viennent. On voit un tas d’habits et des mousses de matelas sur la jambe, en les retirant on voit le corps de la mère ».
Mais il ne s’agissait pas d’un corps ordinaire. Ce que les riverains ont vu était digne d’un film d’horreur. « Elle avait les yeux percés, on l’avait poignardée et sa bouche était remplie de tissus pagne », rapporte une riveraine. Les forces de l’ordre sont venues constater le drame avant de permettre à la famille de transporter le corps à la morgue laissant les populations sous le choc.
Au choc des populations se joint la curiosité. Si le quartier est réputé dangereux, le mobile des agressions est l’argent, mais la modestie de Mama Elyse n’était pas un secret. Elle vivait de son commerce de vivres frais et légumes qu’elle effectuait au marché New Deido. Bien plus, l’état la dépouille témoignerait d’une situation incompréhensible selon des riverains.
« Ce n’est vraiment pas croyable ce qui s’est passé ici. Ce n’est pas simplement le vol ! Les bandits veulent seulement prendre l’argent. Pourquoi, il va aller jusqu’à l’égorger et lui percer les yeux ? Non mais quelle méchanceté ! »
S’exclame une voisine. L’autre constat alarmant est qu’au salon, était posé sur une table les clés de la maison, ce qui laisse croire que l’assaillant est entré par effraction.
Elyse Ngeuyong a été vue vivante pour la dernière fois dans le quartier lundi, quand elle sortait pour vaquer à ses activités et quand elle en revenait. On sait qu’après le marché, elle rentrait chez elle. Le fait que personne ne l’ait vu dans les parages lundi fait penser à ses voisins qu’elle a aurait pu être tuée dans la nuit de lundi au mardi 25 juin 2024, surtout qu’une odeur de décomposition pas très forte se ressentait dans la maison le jour de la découverte macabre.
C’était donc la fin de dame Ngeuyong. Les voisins n’en savaient pas trop sur sa vie privée, car discrète, elle vivait seule dans cette maison depuis environ 5ans après le départ de sa sœur malade, allée se soigner à Yaoundé. D’aucuns disent quand même qu’elle était veuve.
Le corps d’une femme retrouvé en état de putréfaction à Ngaoundéré
Un jour avant le drame de Nkolmintag, l’odeur désagréable et les mouches ont conduit un riverain à une découverte macabre dans la région du Nord.
Selon nos sources, la dépouille était au bord de la rivière Margol à Ngaoundéré 3, dans la Vina. Les mains et les pieds ligotés, le corps était recouvert d’un plastique noir. Une découverte qui indique un assassinat et entraîne l’ouverture d’une enquête par les autorités de la localité.
Après l’intervention des autorités, la dépouille encore non identifiée a été confiée aux médecins. Une autopsie permettra de déterminer les circonstances du décès et malgré l’absence des pièces d’identité, les médecins estiment qu’il s’agit d’une femme de la quarantaine.
Peu avant la découverte des corps de dame Ngeuyong et l’inconnue de Margol, deux autres dames étaient retrouvées mortes dans des circonstances troubles, l’une à Limbé le 18 juin, Emilie, une travailleuse de sexe trouvée sans vie après un rendez-vous avec un client et l’autre, la semaine dernière à Kekem. Ces tueries en cascade font que désormais 37 femmes ont été tuées au Cameroun en 169 jours, selon le décompte fait par Griote. Un chiffre qui rend compte du climat d’insécurité dans lequel vivent les femmes au Cameroun et qui mérite une attention des autorités.
Chanelle NDENGBE
