Le combat est celui du gouvernement camerounais qui dit s’attaquer aux discours de haine aux côtés du Conseil National de la Communication.
Après toutes ces périodes de libertinage verbal et attaques des communautés sur les plateaux de radio, télévision et autres tabloïds, il est temps de siffler la fin de la récréation, le CNC en fait son cheval de bataille.
Selon Joe Chebongkeng Klabubsu, président du conseil national de la communication, les travaux de Yaoundé se tiennent dans un contexte extrêmement tendu, qui est envenimé par les discours de haine désormais très fertiles dans les médias.
Depuis 2017, dira t-il, le conseil national de la communication cherche sans grand succès les moyens d’éradiquer les mauvaises pratiques dans le monde de l’audiovisuel. La première rencontre organisée par le régulateur en septembre 2018 avait à cet effet appelé les professionnels des médias à plus de retenue derrière les micros, les stylos et les cameras. Six ans après, le tableau semble s’assombrir de plus en plus. Les débats télévisés ont pour vedettes des panélistes qui se laissent aller à des discours subjectifs appelant au tribalisme, à l’exclusion et même à la violence. Les éléments de langage sur les réseaux sociaux contribuent fortement à mettre en péril une unité nationale déjà fortement menacée par divers conflits. »L’heure est grave , il faut trouver une solution » va lancer le ministre de la communication dans son allocution. Et, si les nombreuses décisions sanctions et suspensions émises par le CNC tardent à porter des fruits, il est désormais clair que le gouvernement est décidé à prendre ses responsabilités. C’est ce qu’a déclaré René Emmanuel Sadi en évoquant le caractère pénal des récriminations faites aux acteurs des médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux.
« La répression ne saurait résoudre un tel problème » lance Fridolin Nke, un visage connu des débats télévisés. Pour ce philosophe, éradiquer le discours de haine passe par une meilleure redistribution des biens et une meilleure gestion du pays. Un avis proche de celui de Emmanuel Lin, un journaliste venu du septentrion pour prendre part au séminaire. » Si les hommes des médias ne sont pas suffisamment bien rémunérés, il leur sera difficile de faire leur travail comme il faut » déclare-t-il.
Quoi qu’il en soit, la rencontre de Yaoundé a été l’occasion de rappeler aux professionnels des médias leur rôle de régulateur sociaux face à la montée du discours de haine et des replis identitaires. »Il nous faut apprendre à composer entre responsabilité sociale, précarité économique et chasse à l’audience. Si vous trouvez la bonne formule, vous aurez résolu le problème « lance satisfait un jeune stagiaire du quotidien Cameroon Tribune, à la fin des travaux.

« Mécanismes d’éradication du discours de haine dans les médias au Cameroun » tel était le thème du séminaire organisé le 26 juin dernier à Yaoundé par le conseil national de la communication. La rencontre qui a bénéficié du haut patronage du premier ministre représenté à ces assises par le ministre de la communication René Sadi, réunissait autour d’une même table des experts du monde des médias, des acteurs de la société civils, des hommes de droits et des figures bien connues du cyberespace camerounais.
John MATOU
