En 24 ans d’activités, elle aura fait naître 1400 bébés par fecondation in vitro dans le monde, le récit de son parcours confirme la notoriété de cette femme médecin et pionnière.
C’est un livre d’envergure qui a été dédicacé le jeudi 9 avril 2025 à Douala, il s’intitule « Le parcours Inspirant d’une pionnière de la fécondation in vitro en Afrique centrale », et raconte l’histoire de cette pionnière de son enfance à la femme médecin, promotrice de la prestigieuse polyclinique Odyssée qui a accueilli la dédicace de l’ouvrage.

Le Dr Ernestine Bell, un patrimoine désormais préservé dans un livre
Le livre autobiographique rédigé en huit chapitres relate l’histoire du Dr Ernestine Gwet Bell dans ses moindres détails. Cette histoire, commence alors qu’elle a 7ans, dans une famille de plusieurs enfants, d’un père pasteur auparavant prêtre et d’une mère infirmière sage-femme. Si l’humanisme loué chez la native de Libamba, dans le département du Nyong et Kelle, résulte de l’éducation chrétienne qu’elle a reçue, c’est de sa maman qu’elle a hérité la passion pour la médecine et particulièrement pour la santé maternelle et néo-natale. Le déclic survient alors qu’elle n’est qu’une enfant. « Je suis née d’un père pasteur et d’une mère infirmière sage-femme. Donc, je suivais ma mère…J’allais à l’hôpital avec elle. Puis j’ai assisté à 7 ans à un accouchement. Ma mère a fait accouché une femme, j’étais là. En regardant cela, je me suis dit, c’est juste incroyable. ». L’ambition était née chez la fillette de 7 ans, une ambition qui a rencontré une multitude d’obstacles sur le chemin, mais qui a réussi à se réaliser. Après l’obtention d’un baccalauréat D avec bonne mention en 1972, elle échoue à une bourse pour devenir médecin, mais la femme qui a passé sa scolarité dans les zones rurales ne s’est jamais avouée vaincue, malgré l’environnement hostile et les défis liés à la réussite féminine à l’époque. Continuant à travailler pour réaliser son rêve, elle se retrouve dans cette lancée à Faculté de médecine de Paris où elle va obtenir un diplôme de gynécologue-obstétricienne. Elle décide de mettre ses compétences au service de son pays, et donc après avoir exercé dans un hôpital missionnaire et dans le service public, la gynécologue-obstétricienne ose se lancer à son propre compte en créant la clinique Odyssée, spécialisée dans la procréation, la santé maternelle et néo-natale. Le 14 avril 1998 à Douala, elle entre dans l’histoire, parce que supervisant l’équipe qui a vu naître le premier bébé né par FIV. Tommy est aujourd’hui âgé de 27 ans, il est le tout premier bébé éprouvette camerounais.

La procréation in vitro, une histoire pleine d’humanisme …
L’authenticité de l’histoire du Dr Gwet Bell renferme surtout des actions sociales et humanitaires. La dame médecin voulait donner la chance au plus grand nombre de couples d’avoir des enfants, quand on sait quelle valeur est donnée à la procréation en Afrique. » les femmes qui avaient des trompes bouchées et les hommes qui avaient de mauvais spermes, nous les envoyions à l’étranger pour faire la fécondation in vitro. Quand on sait à quel point c’est cher et que beaucoup de femmes ne pouvaient pas se déplacer, nous avons décidé d’amener la technique chez nous », affirme avec enthousiasme le Dr Gwet Bell. Une prise de parole que soutient le Dr Rodolphe Fonkoua, le président de l’ordre national des médecins du Cameroun pour lequel « cette fécondation médicalement assistée est un évènement exceptionnel dans le paysage médical de notre pays. ».

Du courage et de l’abnégation…
C’est ainsi que le Dr Ernestine Gwet Bell s’est imposée dans le monde de la médecine et même du leadership féminin. Comme le faisait remarquer le journaliste Joseph Mbeng Boum, elle combine un ensemble d’exploits par lesquels elle impose l’admiration. « Je pense qu’elle vient d’ouvrir un autre chapitre du leadership féminin dans le secteur de la santé. La majorité des polycliniques sont tenues par des hommes, la majorité des polycliniques ne sont déjà pas tenues par des personnels de santé. Donc avoir une polyclinique, avoir fait son parcours, être internationalement reconnue. Etre pionnière et avoir de bons résultats en matière de fécondation in vitro et … être femme au Cameroun … Je pense que nous ne pouvons que demander à Dieu de lui accorder encore une longévité… », a déclaré le Ceo du journal Echos Santé, à la conférence dédicace de l’autobiographie du médecin qui a participé avec la clinique Odyssée à la naissance de 1400 bébés par Fécondation in vitro (FIV) en 24 ans.
L’impact de la gynécologue en matière de FIV traverse en effet les frontières du Cameroun. Une Ethiopienne a récemment donné naissance à l’âge de 76 ans par FIV, et selon des révélations faites par la journaliste Sandra Peniel qui a interviewé cette nouvelle mère, c’est le travail d’Ernestine Bell qui a donné espoir à cette femme, lui permettant ainsi d’avoir son premier enfant à l’âge 76 ans.
La pionnière en fécondation in vitro au Cameroun est donc «un exemple à suivre» pour reprendre le gouverneur de la région du littoral Samuel Dieudonné Ivaha Diboua présent à cette conférence-dédicace. La sculpter dans ce livre autobiographique, c’est donner des repères en tant que leader, en tant que femme, en tant que médecin.
Chanelle NDENGBE
