C’est en pleine gorge qu’une femme a reçu un coup de poignard asséné par son mari, ce à quoi elle a succombé quelques jours plus tard.
Fanta Ngaroua ne pourra plus faire son travail d’aide ménagère pour s’occuper de ses enfants face à un époux présenté comme alcoolique, violent et irresponsable. D’ailleurs Jldiya Kongeld, lui a planté un poignard dans la gorge le 30 novembre 2024 au quartier Diguirwo, dans la ville de Maroua, région de l’Extrême-nord. La dame de 42 ans a succombé à ses blessures le 11 décembre 2024 à 14h55 à l’hôpital général de Maroua comme l’indique le certificat de décès parvenu à la rédaction Griote.
C’est un cas de féminicide rapporté à Griote par l’ONG Butterfly Cameroon qui a pris en charge l’affaire. Selon les informations, le criminel présumé reprochait à sa conjointe de ne pas s’occuper, car il ne bénéficiait d’aucune attention financière issue du salaire d’aide ménagère de Fanta. Il a donc attendu qu’elle revienne du travail pour aller l’agresser dans un lieu de vente de bili bili, boisson alcoolisée traditionnelle.
Suite à cet acte portant atteinte à la vie de dame Ngaroua, elle a été conduite à l’hôpital régional de Maroua qui l’a transférée ensuite à l’hôpital régional de Garoua dans un état de paralysie dont elle a été frappée après avoir été poignardée.
«On nous a alertés, on nous a dit que la victime était à l’hôpital régional de Garoua. C’est alors qu’on est entré en contact avec la fille de la victime. Elle nous explique qu’après ce qui s’est passé, on a transféré la dame à l’hôpital régional de Maroua. C’est l’hôpital régional de Maroua qui a préféré transférer à l’hôpital régional de Garoua (…). On a demandé de faire un scanner parce qu’elle était paralysée. Quand on l’a poignardée, je ne sais pas peut être le couteau a touché où il ne fallait pas, elle a directement été paralysée sur le coup, ses quatre membres ne fonctionnaient plus »,
nous renseigne un agent social de Butterfly Cameroon. Le scanner prescrit va davantage stresser la famille démunie de la victime, mais finira par se réaliser grâce à l’ONG. Le résultat ne montre malheureusement rien d’après notre source et impose un second scanner qui devrait se faire dans un autre hôpital de la ville de Garoua. Le prix assez élevé et l’argent n’étant promptement pas disponible, le médecin a recommandé le retour à la maison de la patiente. Il a expliqué selon notre informatrice, que le traitement devrait être déterminé par le scanner. Qu’il n’était donc pas utile pour elle de rester à l’hôpital et augmenter en vain les factures de la chambre si le scanner n’est pas fait. Ainsi la victime est retournée chez elle à Maroua. Toujours paralysée, elle parvenait quand même à parler. Ses proches et les membres de l’ONG essayaient de rassembler l’argent pour réaliser son second scanner. Mais un liquide clair gluant sortant de sa blessure va inquiéter et imposer son retour à l’hôpital régional de Maroua où elle succombera le 11 décembre à 14h 55, éteignant ainsi les espoirs de ses enfants qui étaient à son chevet durant ces moments de souffrance.
Fanta Ngaroua devient la 71e femme tuée au Cameroun en 335 jours selon le décompte de Griote. L’auteur du crime a été interpellé, il a été déféré devant le procureur général de la ville de Maroua. Dame Fanta Ngaroua, laisse des orphelins éplorés et sa grande famille dont elle était le principal pilier financier.
Chanelle NDENGBE
