À l’entame du mois de septembre, la police révèle un nouveau cas de féminicide à Yaoundé, dont la reconstitution fait écho.
Plus de 12 féminicides désormais au mois d’août, selon les chiffres de Griote, avec le cas révélé au public le 1er septembre par la police. Il s’agit de l’assassinat de dame Ngo Bagwé Marie Irène, survenu le 18 août dernier au quartier Mimboman.
L’enquête ouverte au commissariat central n° 4 après la découverte de la dépouille de la dame Ngo Bagwé, 36 ans, a conduit à l’arrestation de Cédric Gaston, 30 ans, son ex-compagnon. L’homme a conduit l’équipe de la commissaire divisionnaire Mindjom Christine Irène dans une habitation au quartier Mimboman où il a mis fin aux jours de la victime par vengeance. À son retour d’aventure, cet homme aurait fait face à une déception amoureuse et a donc attiré son ex-compagne dans un piège avant de lui ôter la vie dans des circonstances tragiques. C’est la triste histoire issue de la reconstitution des faits ce 1er septembre 2026. « Le concerné, qui se dit déçu par une femme qu’il a connue avant d’aller en aventure, pensait rentrer dans son foyer retrouver ses enfants et sa femme. Quand il revient, il est en colère d’avoir perdu celle qu’il croyait être la sienne », a informé la commissaire. Dans cette maison apparemment inhabitée, la victime a d’abord été assommée à coups de marteau avant d’être tranchée à l’arme blanche. « Après ces trois coups de marteau, la victime a perdu connaissance et c’est ce qui l’a faite tomber. Comme il voulait s’assurer de lui avoir ôté la vie, il a cassé une bouteille et lui a asséné trois coups au niveau du menton… », révèle l’enquêtrice.
Cela porte donc désormais à 13 le nombre de féminicides documentés par Griote pour le mois d’août. En cette circonstance de reconstitution des faits qui plonge des familles dans le deuil, la police rappelle l’urgence de briser le silence face aux violences conjugales. « Nous disons à ces femmes, aux autres personnes faibles et sensibles qu’il ne sert à rien de garder le silence, parce qu’un acte qui peut être anodin aujourd’hui, une agression verbale, peut soudainement devenir une agression physique et conduire ensuite au meurtre. Il serait préférable de venir vers nous pour nous parler », a déclaré madame la commissaire.
Chanelle NDENGBE
