La nuit du drame, un cri ardent a retenti de la chambre de la victime, puis un grand silence s’est observé avant de constater son décès le matin.
S’il est difficile pour le moment d’expliquer cette situation, une source familiale indique à Griote qu’après avoir donné naissance par césarienne il y a 6 mois, Roukaya Panguetna avait été forcée d’avoir des rapports sexuels avec Zoulkifilou Oumarou, son compagnon.
« Elle a subi une violence sexuelle la même nuit de son accouchement de la part de ce monsieur. Vous imaginez une femme qui vient d’accoucher par césarienne est forcée de faire trois fois et de surcroit il y avait une blessure au vagin »,
révèle notre informateur. Un douloureux souvenir pour une famille meurtrie par le départ de leur fille de 25 ans, décédée au petit matin du lundi 14 octobre 2024.
La policière Roukaya Panguetna, gardienne de la paix deuxième grade, maman d’un bébé de six mois, s’en est allée dans des circonstances troubles. Un cri s’est fait attendre dans la demeure de la policière, il a été suivi d’un long silence nocturne. C’est vers 5h30, que sieur Zoulkifilou Oumarou, son compagnon gendarme, appelle une amie infirmière de Roukaya, disant qu’elle n’est pas bien portante. Après l’arrivée de l’amie, Roukaya a été conduite à l’hôpital où son décès a été constaté. Oumarou est accusé sur le coup par la famille de Roukaya, car celle-ci était en parfaite santé et n’aurait pu mourir d’un coup. « Déjà, elle n’était pas malade. Elle a d’ailleurs passé des appels vidéos la veille avec sa grande sœur qui est aussi morte », dit notre source. Il faut ici préciser que la sœur aînée de Roukaya, apprenant la nouvelle de son décès a eu un choc, est décédée également.
Même si l’élément de la gendarmerie crie à son innocence, les témoignages du voisinage de même que ceux de la famille continuent de susciter interrogations en raison de faits plus ou moins récents. Selon la source familiale, Oumarou Zoulkifilou, 28 ans, élève gendarme en service dans le sud-ouest et censé être à Douala pour des soins, est arrivé le samedi, 05 octobre 2024 au domicile de la mère de son enfant à Batouri, région de l’Est sans prévenir cette dernière. L’atmosphère est devenue aussitôt amère car le couple était séparé.
«Avant la séparation, elle était enceinte de lui. Sauf qu’elle n’a pas apprécié, car elle n’était pas avisée. Il est arrivé depuis le 5, et depuis qu’il est là… il y a eu toujours eu des soulèvements, des disputes et parfois même des bagarres »,
rapporte notre informateur. Par ailleurs, le cri entendu le jour de sa mort a aussi été entendu la veille par le voisinage.
« Le matin, le voisin lui a demandé : «j’ai entendu comment tu criais dans la nuit et tu t’es calmée encore, il y avait quoi? », elle a dit « rien ». Le lendemain, elle était censée aller au travail, mais, elle n’y est pas allée. Le jour où elle est morte, le même cri a été entendu, encore suivi du calme»,
poursuit notre source qui a requis l’anonymat.
Alors que la famille maintient que l’élève gendarme a « battu à mort » Roukaya et réclame justice, d’autant plus que la sœur aînée de la victime est morte sous le choc de la nouvelle, la compagnie de gendarme dirigerait l’enquête autrement et désignerait un autre suspect qui a d’ailleurs aussi été interpellé. Il s’agit de l’amie de Roukaya qui avait été contactée par le gendarme le jour de la mort de la policière. Pour la famille de la victime, c’est une manœuvre de la gendarmerie pour protéger leur élément. «La gendarmerie est en train de faire pour tout et tout pour protéger leur élément en créant d’autres motifs selon lesquels l’amie de Roukaya serait arrivée avec deux perfusions qu’elle a placées. Et que c’est juste après qu’elle est décédée. Ce qui veut dire que c’est elle la responsable selon eux. Je demande de dénoncer ce tripatouillage que la gendarmerie est en train de faire pour protéger ce criminel». Notre source pense que la police et la gendarmerie seraient opposées dans cette affaire et animées par des mobiles différents. « Il y a ce problème où la gendarmerie veut dénaturer la réalité et la police déterminer à diligenter jusqu’à ce que lumière soit faite », affirme le membre de la famille. Toujours est-il que Zoulkifilou Oumarou nie les faits qui lui sont reprochés.
Roukaya Panguetna, 25 ans, était en service au commissariat de sécurité publique de Batouri. Elle s’est mise en couple avec Zoulkifilou, son meurtrier présumé en 2022 et les fiançailles avaient été célébrées, mais les familles se sont opposées ensuite à la relation. Sauf que Roukaya était déjà enceinte, ce qui l’amenait à continuer à voir le suspect.
L’enquête reste en cours, et les résultats d’une autopsie instruite par le délégué général à la sûreté nationale permettra probablement de faire la lumière sur l’affaire. La jeune policière est la 56 ème femme tuée en 311 jours au Cameroun selon le décompte de notre rédaction.
Chanelle NDENGBE
