La dramaturge camerounaise est au cœur de l’actualité après avoir remporté le Prix RFI Théâtre, une victoire qui place l’une de ses pièces au sommet du théâtre francophone.
Hermine Yollo hisse le Cameroun sur le toit du monde francophone avec son triomphe à l’édition 2026 du Prix RFI Théâtre. Une distinction majeure que la dramaturge camerounaise a remportée avec sa pièce « Ima Maryam : le jugement de Marie », véritable miroir des violences faites aux femmes au milieu des dogmes religieux.
Le prix lui a été remis le 27 septembre dans le cadre des Zébrures d’automne, un festival international des écritures et créations théâtrales francophones à Limoges, en France. Mais c’est en s’intéressant à un sujet grave que la dramaturge a imposé son œuvre « Ima Maryam : le jugement de Marie». Cette pièce remet en question le rapport entre les dogmes et la violence faite aux femmes à travers le personnage de la Vierge Marie. L’artiste attire ainsi l’attention sur le calvaire que subissent les femmes dans le contexte religieux, de façon à inciter à la réparation du préjudice. Une œuvre par laquelle elle confirme sa place parmi les adeptes de l’art au service du progrès.

L’art, l’héritage, le théâtre : le labeur passionnant d’Hermine Yollo
La native de Douala est fille de parents comédiens qui lui ont très tôt transmis la passion pour le cinéma et la scène. En grandissant, Hermine Yollo s’est rapprochée progressivement du monde théâtral. L’ovation reçue grâce au Prix RFI Théâtre 2026 est aussi le résultat d’un parcours académique et professionnel solide.
Hermine Yollo a entamé son parcours à l’Université de Yaoundé par des études en lettres, où elle a intégré le Théâtre universitaire. Elle a ensuite rejoint l’École supérieure de traducteurs et interprètes (ASTI) de Buea, où elle a obtenu un master. En l’absence d’une école nationale de théâtre au Cameroun, la jeune femme a appris auprès de professionnels de la discipline en se formant notamment au cours d’ateliers et pendant des stages, avant de rejoindre l’École régionale d’acteurs de Cannes et Marseille entre 2013 et 2015, puis le Centre arabo-africain El Hamra à Tunis, en Tunisie.
Formée, certifiée et expérimentée, la dramaturge camerounaise a traversé un moment particulièrement éprouvant suite au décès de ses parents. Une période au cours de laquelle elle a dû mettre en pause la compagnie Ngoti, dont elle assurait la direction artistique. Elle a repris son poste en 2009 et, à partir de 2012, elle a commencé à se faire remarquer dans la mise en scène. Un travail qui a trouvé un écho favorable à l’international bien avant 2026. En 2019 déjà, elle figurait parmi les finalistes du Prix Théâtre RFI avec « M-119 Autopsie ». Le Prix Théâtre RFI 2026 vient donc concrétiser et saluer le parcours remarquable de la dramaturge camerounaise.
Chanelle NDENGBE

