Indiquer aux jeunes filles comment elles peuvent préparer leur avenir par le choix des séries scientifiques, tel était l’objectif de la séance.
La 10e journée internationale des filles et femmes de science, célébrée en ce mois de février n’est pas passée inaperçue au Cameroun et dans la capitale économique en particulier. A l’initiative du docteur Ntoumba Agnès, biologiste lauréate du Prix L’Oréal-UNESCO 2020 pour les femmes et la science, le collège Kamtchoum-Ndami a accueilli une conférence qui a réuni une centaine de participantes, élèves dudit établissement sur le rôle du choix des séries scientifiques dans une carrière.
Etre prêtes pour les défis des femmes
Gage d’autonomie, de leadership et même de pouvoir, être une femme de science apparait comme un prestige. En Afrique et au Cameroun, les femmes de science ont relevé et continuent de relever de grands défis, mais le fondement réside dans l’orientation au lycée ou au collège, dans l’enseignement secondaire, d’où l’importance de la sensibilisation des élèves. « Impact scientifique sur le choix de la carrière », était donc le thème de la conférence organisée le 7 février 2025 au collège Kamtchoum-Ndami, animée par des dames de sciences de différentes filières, en prélude à la célébration mondiale des femmes et filles de science. « C’est aussi l’occasion pour nous d’attirer l’attention, des participantes, des jeunes filles qui choisissent de faire les filières scientifiques sur l’importance de ce choix pour leur futur», a déclaré Dr. Ntoumba. Causerie éducative, partages d’expériences entre autres étaient au menu, notamment pour faire comprendre que le choix des séries scientifiques n’est pas un hasard mais s’effectue selon les aspirations et surtout les compétences dans le domaine. Ces activités visaient aussi à amener les jeunes africaines à prendre conscience très tôt des enjeux de la science afin de se positionner sur l’échiquier international, selon le Professeur anthropologue Wogaing Fotso Jeannette qui a participé à l’organisation de cet évènement. « Cette causerie consiste à motiver et impacter les jeunes filles afin qu’elles fassent des choix de carrière très tôt. Ce partage d’expérience permet de saisir les opportunités de formation qui s’offriront après le baccalauréat et fixe leur détermination à persévérer dans les études et challenger les autres filles au monde », explique le Professeur Wogaing. « C’est aussi l’occasion de les entretenir sur le quotidien des femmes au fil du temps notamment la préservation de soi, l’habillement décent, l’estime de soi, la gestion du temps, de la maternité, bref de tout ce qui peut impacter la vie des femmes », ajoute l’anthropologue.
Une autre articulation de l’évènement a consisté à la projection d’un film documentaire présentant des femmes de sciences du Cameroun, du Ghana et du Nigéria, qui bravent le vent et la pluie, dotées d’un parcours inspirant pour les adolescentes. Cette projection a été un moment qui a permis aux jeunes filles de vivre la réalité des femmes de sciences, de contempler leur génie. « Le documentaire a suscité une grande émotion. Les participantes étaient très émues parce qu’elles ont vu des femmes dans leur intimité, des femmes chercheures qui sont d’imminentes femmes scientifiques. On avait l’impression qu’elles parlaient directement à ces jeunes filles.», argue Dr Ntoumba.
C’était un évènement réussi pour la promotrice et ses collaborateurs. Il a été à la hauteur des attentes en ce sens que les collégiennes femmes de science en devenir « prennent assez tôt conscience de leur avenir, des challenges qui les attendent en tant que femme de science de demain », pour reprendre la Professeure Wogaing.

L’initiative soutenue par la HIGHER, association des femmes de science, en partenariat avec la fondation Anesvad, promet le mentorat des jeunes filles en science, cet évènement organisé dans le cadre de la journée internationale des filles et femmes en science n’est pas une première à Douala. L’an dernier, l’équipe était au lycée Joss. Après Kamtchoum-Ndami cette année, l’équipe compte se rendre dans un autre établissement de la ville ou du pays à l’édition prochaine.
Chanelle NDENGBE
