Elles ont au cours d’une conférence de presse déclaré le mois de célébration internationale des droits des femmes comme mois de protestation en faveur de la justice des Camerounaises.
Au nombre de 41, des femmes de la classe politique, membres la société civile, des femmes aux visages inconnus comme des visages connus du public à l’instar de l’opposante Edith Kah Walla et de l’opératrice économique Rebecca Enonchong ont décidé de manifester pour la justice en ce mois de mars. L’appel à se vêtir en noir lors du 8 mars, journée internationale des droits de la femme résonne haut dans la déclaration des manifestantes.
Revendication du droit à la vie et à la sécurité
Les droits fondamentaux de la femme comme ceux de tous les citoyens camerounais sont menacés depuis belle lurette, et la situation va de mal en pis. La comptabilité du média féminin Griote révèle que 68 femmes ont été tuées en 311 jours au Cameroun, au cours l’année 2023. Un chiffre de féminicides effrayant qui associé aux viols et autres violences physiques s’inscrivant dans le cadre de la crise anglophone, rend compte du degré d’insécurité qui guette les femmes camerounaises. Contre ces violences faites aux femmes, le collectif des 41 voix proteste. A côté des violences, les femmes protestent contre le difficile accès aux services de base qui constituent leurs droits fondamentaux. « Nos vies sont en danger en raison du manque d’accès aux services de base : l’électricité, l’eau, les routes etc., qui sont des biens de luxe auxquels peu de femmes ont accès. Cette situation rend nos vies pénibles et dangereuses au quotidien…», lit-on dans la déclaration des 41 voix qui mentionne aussi « l’enseignement de piètre qualité devenue chère ». Le collectif n’oublie pas la vie chère qui attriste les populations.
Protestation contre la vie chère et la précarité
En raison de la frustration qu’elle cause dans de nombreux ménages, la vie chère est devenue une forme de violence économique à l’endroit des citoyennes et citoyens camerounais, et menace le droit à l’alimentation. Les manifestantes veulent ainsi inciter le gouvernement à prendre ses responsabilités à ce sujet. « Nos vies sont précaires : en raison de la mal gouvernance qui se traduit notamment par une hausse constante des prix, et nous empêche de nous nourrir et nourrir nos enfants… ». La protestation est ainsi déclarée et les protestataires invitent les autres camerounaises à les suivre dans cette initiative.
Le vendredi 8 mars en noir pour dire stop ! Et appeler à la solidarité
Le collectif des 41 voix annonce qu’elles seront vêtues de noir le 8 mars et invitent toutes les Camerounaises à faire de même, symbole de protestation profonde et solidaire contre les injustices qu’elles subissent au quotidien. « Nous déclarons le 8 mars 2024 comme la journée en noir pour les droits de la femme ». Les femmes sont appelées à se joindre aux 41, en exprimant via internet et les médias traditionnels leur mécontentement et indignation face aux injustices. Les 41 invitent hommes et femmes ce 8 mars autour d’un dialogue pour réfléchir sur l’action féminine à envisager pour impulser un changement dans la nation.
La déclaration a été signée le 29 février dernier et les signataires sont soutenues par des associations et des personnalités publiques masculines.
Chanelle NDENGBE
