L’édition 2024 de l’évènement de promotion de la gent féminine a mis en exergue le pouvoir des femmes à impacter positivement la société en s’investissant dans la politique.
« Femme et politique : comment faire la politique autrement pour impacter positivement ? » est la thématique ayant ouvert le bal des panels le samedi 02 mars à l’édition 6 du « 8 des femmes » . Des dames qui ont fait les preuves en politique, sous la coordination de la journaliste Lile Piedjou se sont accordées sur le rôle capital de la femme en politique pour le bien-être social tout en insistant sur les motivations et les actions à poser.
Changer quelque chose ! Briser la peur ! L’inéluctabilité de la politique pour la femme
A la question de savoir pourquoi les femmes entrent en politique, Edith Kah Walla, la présidente du Cameroon People’s Party (CPP) affirme que le mobile doit être la volonté de changer quelque chose dans la société, de réparer ce qui ne fonctionne pas. C’est pourquoi on compte sur la femme pour faire la politique autrement. Pour madame Walla, l’expérience montre que les sociétés dans lesquelles la politique est menée essentiellement par les hommes sont en déconfiture. La femme plus sensible aux causes sociales, peut apporter un nouveau souffle. « Il nous faut la politique qui revient sur le fondement de l’être humain. », déclare la leader du CPP. La femme doit le savoir pour affronter les défis qui l’attendent en se lançant en politique, car l’intégration loin d’être une option est une obligation pour toute femme qui aspire à son épanouissement et à celui des siens dans la société. La peur qu’éprouvent un bon nombre de femmes devrait donc être brisée, car il faut qu’elles affrontent leur destin, qui est celui de se défendre, de revendiquer leurs droits qui sont bafoués en raison de la mal gouvernance. « Si vous restez dans votre cuisine, la politique viendra vous trouvez là-bas. Quand on coupe l’électricité, vous pensez-que c’est quoi ? C’est la politique ! Quand on coupe l’eau vous croyez que c’est quoi ? C’est la politique ! Et puis quand vous allez à l’école qui est censé être gratuite et que le proviseur vous demande, 50, 100 parfois même 200 mille, vous pensez que c’est quoi ? C’est la politique! », lance l’opposante, et d’ajouter : « la politique est la colonne vertébrale de la société », la femme devrait se battre afin que cette colonne se tienne droite.
A côté de Kah Walla, les autres panélistes de ce plateau approuvent l’entrée de la femme en politique et recommandent de briser les stéréotypes qui voudraient que la politique soit exclusivement l’affaire des hommes. « La femme doit être un Homme politique, dans le sens générique du terme! Il faut arrêter de penser que la politique est exclusivement réservée aux hommes», déclare la femme politique Angelique Tonguene « C’est une chapelle à prendre, il faut s’imposer ! », ajoute-t-elle pour appeler à l’éveil politique des femmes, comme on l’observe de plus en plus en entrepreneuriat. « Si vous ne faites pas la politique, les cancres vont faire la politique et vous diriger avec la loi des cancres », concluait la journaliste Clarence Yongo.

Le combat de la qualité, la question fondamentale
En 2020, il était révélé que 61 femmes sur un total de 180 députés siègent à l’Assemblée national, une hausse par rapport aux mandats antérieurs. Ce chiffre montre l’évolution de l’entrée de la femme en politique, toutefois, tout ne se joue pas sur le nombre, mais sur la qualité. La femme politique qui a le pouvoir de décision doit pouvoir impacter, impulser un changement positif avec ce pouvoir. Marie Catherine Mbarga, femme politique et inspecteur en charge des questions fiscales, panéliste sur le plateau explique : « Le problème n’est pas qui peut faire la politique, mais comment faire la politique pour impacter…, parce que la personne qui prend la décision finale peut être une femme mais n’arrive pas à impacter la collectivité ». Dame Mbarga conseille alors à la femme d’entrer dans la politique avec cœur et sa patience. La journaliste Clarence, CEO de Griote et experte en communication politique a également soulevé la question de la qualité et exprimé son refus catégorique de mettre au-devant de la scène en tant que femme de Média les femmes politiques qui ne se préoccupent pas du bien social. « J’aurais de la peine à prendre au-devant de la scène, une femme politique qui est très visible, mais qui n’est pas là pour le bien social. Je refuse qu’on ait une députée qui loin de jouer son rôle, se contente de vendre des produits blanchissants à la population, ça je ne l’accepte pas ! », déclare la journaliste, et de s’interroger en guise de conclusion : « Est-ce que le combat est celui du chiffre aujourd’hui ou celui de la qualité ? C’est la question fondamentale ? »
Le Bankable Women movement est une initiative de Yolande Bodiong, Directrice générale de Maraboo. C’est un évènement qui se tient chaque année depuis 6 ans au mois de mars en prélude de la journée internationale des droits de la femme. En plus d’édifier et de sensibiliser les femmes, il met ces dernières à l’honneur avec les distinctions et soutient leurs projets d’entreprise. Aussi traditionnellement au menu de l’évènement, se tient le concours des projets d’entreprise devant un jury constitué des cadres de banque qui sélectionnent huit projets qu’ils vont rendre bankable et donc financer, d’où le terme «Bankable Women » et son pseudonyme «Le 8 des femmes ». La promotrice de l’évènement s’est dite satisfaite par la «présence des participantes, la présence effective de Madame le délégué régional de la promotion de la femme et de la famille pour le Littoral, représentante de Madame le ministre de la promotion de la femme et de la famille, la mobilisation des partenaires, et comblée par la solidarité féminine qui se manifeste davantage ». Le rendez-vous est pris pour mars prochain, avec plus de surprises et plus d’émotions
Chanelle NDENGBE

