INSÉCURITÉ AU CAMEROUN : DEUX FEMMES TUÉES DANS LES CAPITALES DONT L’UNE PAR SON MENTOR SPIRITUEL

Les capitales politique et économique du Cameroun sont au cœur des crimes de femmes qui font l’actualité et suscitent colère et désolation.

Deux femmes ont violemment été arrachées à la vie ces derniers jours à Yaoundé et à Douala. Si l’une a été mortellement agressée dans son quartier, l’autre avait fait entrer ses bourreaux en toute confiance dans son domicile, sans se douter de la torture qui l’attendait.

Une femme tuée à Yaoundé par 03 hommes dont son «guide spirituel»

Le mercredi 12 février 2025, la compagnie de gendarmerie de Yaoundé 2 a présenté à la presse trois hommes comme les meurtriers de Bella Ngoumou Marthe Marie, 42 ans. Une dame dont le décès a été signalé le 02 février dernier. L’arrestation des suspects quelques jours après le drame a permis aux enquêteurs de faire la reconstitution des faits. Aussi, on apprend que dans la nuit du 1er au 02 février, Marthe Ngoumou a accueilli dans son domicile à Efoulan, son guide spirituel sans se douter qu’il était le Chef d’orchestre d’un plan pour l’assassiner. Lorsque les deux autres ont rejoint le domicile, la quadragénaire a vécu le pire, étant violemment abattue. « Le commanditaire des faits est pour elle un guide spirituel. Elle lui faisait confiance. Il est entré dans son domicile et ses complices l’ont rejoint. Elle a été mortellement frappée avec un fer à repasser, ensuite étranglée », a rapporté le capitaine Jules Roger Etetah, commandant de la compagnie de gendarmerie de Yaoundé 2. Après ouverture d’enquête, deux complices ont été arrêtés au quartier Ange-Raphael à Douala, l’un en possession du téléphone de la victime. Ces suspects ont mené les éléments de gendarmerie au commanditaire du meurtre, le prétendu guide spirituel qui vivait à Obobogo rail à Yaoundé.

Mougnou Mazou, 32 ans, Takoupen Hilliasou 37 ans et Njoya Monthé, 40 ans devront donc répondre du meurtre de Marthe Ngoumou.

Une femme tuée au cours d’une agression à Douala

Vendredi 07 février 2025, une autre femme est agressée mortellement au quartier Ndogbong, précisément au lieu-dit Bifaga, 5e arrondissement de la ville de Douala. Il s’agit de Valerie Kenne Metchop Liboum, quadragenaire également. La dame de 47 ans a été agressée non loin de son domicile. Elle rentrait chez elle en compagnie de deux autres femmes dont une tenancière de kiosque de transfert d’argent. Elles ont été surprises par une moto qui s’est garée devant elles, des individus sont descendus de l’engin, ont réclamé à mains armées les sacs des dames. Alors qu’elle était la première à obtempérer, elle est celle qui va être tuée. « Elle était la première à donner son sac. La voisine a dit ceci : je ne peux pas donner mon sac, la voisine a signé sur son sac. On a poignardé la voisine n’importe comment le couteau n’est pas entré. C’est là ou au lieu que ma sœur fuit, elle a encore tapé les mains. C’est là qu’on se retourne on la poignarde », relate au micro de Canal 2, Valentine Matchingam, sœur de la victime. Au final, cette agression a fait un décès deux blessées, avec la somme de 7 millions emportée, appartenant à la tenancière du kiosque de transfert d’argent.

Mama ou Tata Valérie comme elle était appelée laisse des enfants, une grande famille, des voisins et amis profondément attristés. A cette tristesse, ils mêlent aussi leur colère pour les agressions qui sont courantes dans ce secteur, surtout que les coupures intempestives d’énergie électrique sont une aubaine pour les malfaiteurs à opérer dans ce couloir qu’on est prêt à baptiser «couloir de la mort ».

Ces cas sont aussi tragiques que le cas de Mekou Judith, abattue à l’aide d’un pilon par son époux. C’est un cas dont la rédaction Griote a été informée le 6 février 2025 par une source locale. Griote comptabilise donc à date pour l’année 2024, 14 féminicides dont 11 au mois de janvier et 3 au mois de février en cours. Des chiffres révélés pour tirer la sonnette d’alarme par rapport à l’insécurité des femmes et les violences à leur égard conduisant notamment aux féminicides.

Chanelle NDENGBE

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