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JOURNÉE INTERNATIONALE DU TRAVAIL: LES TRAVAILLEUSES CAMEROUNAISES DU SECTEUR INFORMEL NE PARLENT PAS DE FÊTE

Nombreuses sont ces dames travaillant dans le secteur informel qui ont vaqué à leurs occupations ce 1er mai 2024.

Couturières, coiffeuses, pâtissières sont des profils cotoyés par la rédaction de Griote à l’occasion de la 138e journée internationale du travail. En plus du dynamisme et de la passion pour leur travail, ces dames savent s’adapter aux réalités qui sont les leurs.

Elles vaquent à leurs occupations le 1er mai…

Alors qu’une partie des grandes, petites et moyennes entreprises a organisé des festins à l’occasion de l’édition 2024 de la journée mondiale du travail, ces dames du secteur informel ont ouvert leurs espaces de travail comme nous l’avons remarqué à Pk10 et à Deido, respectivement dans les arrondissements 3 et 1de la ville de Douala. Si l’argent fait défaut pour fermer les locaux et organiser un festin pour certaines, d’aucunes ne se sentent pas concernées par cette journée. C’est notamment le cas de Jenny, jeune coiffeuse et esthéticienne.

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Jenny se sent différente des fonctionnaire et des employés en entreprise..

Cet après midi du 1er mai 2024, nous trouvons Jenny en train de faire des rastas dans son salon situé en bordure de route à Pk10. Son bébé d’environ 2 ans est près d’elle et elle se fait aider par une adolescente. À la question de savoir pourquoi elle ne ferme pas ce jour qui est férié considéré surtout comme jour de repos pour les travailleurs, Jenny fait savoir qu’elle n’attend pas de salaire mensuel comme les fonctionnaires et ne peut de ce fait croiser les bras un jour où elle peut gagner de l’argent. « Si j’étais aussi comme les autres qui ont les salaires à la fin du mois je ne devais pas venir « , explique Jenny.  » C’est un jour où je peux toucher gros qui sait ? « , ajoute-t-elle.

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Les difficultés financières liées au travail font obstacle aux festivités, les coupures d’électricité entravent l’épanouissement

La rencontre avec Yvonne Eyenga, fondatrice de l’atelier de couture Yvo La Mode existant depuis 12 ans, a permis de déceler les difficultés auxquelles son équipe et elle sont confrontées. D’entrée de jeu, la couturière réputée comme talentueuse à Pk10 où elle exerce a expliqué qu’elle aurait organisé une fête pour célébrer le travail effectué au quotidien si les moyens financiers étaient suffisants. Mais plutôt que de rester à la maison, la cheffe couturière a préféré ouvrir l’atelier dans l’espoir d’avoir des clients et terminer la journée autour d’un pot avec ses collaboratrices. « Au lieu de rester à la maison, je me suis dit qu’il est mieux d’ouvrir pour recevoir les clients et heureusement il y a quelques commandes. Avec ça je peux offrir un pot à chacune de mes collaboratrices « , nous apprend-t-elle. Par ailleurs, la couturière révèle aussi que l’épanouissement n’est pas total dans son métier à cause du déficit en matériaux de travail et en raison des coupures régulières de courant.  » Je sais pas si je dois dire que je suis totalement épanouie avec les difficultés qu’on vit ici. Nous n’avons pas tous les outils nécessaires dans notre atelier, ceux du surfilage par exemple. Après avoir cousu, il faut que les filles montent et descendent pour surfiler. Si on s’en sort souvent ici avec les machines a pédales, les coupures de courant ne nous font pas avancer quand il faut surfiler « , explique la cheffe d’Yvo La Mode.

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Michelle Gaëlla, pâtissière à Deido s’accroche face à l’irrégularité des commandes de ses produits

La pâtissière de 25 ans est la plus jeune des travailleuses rencontrées. Basée à New-Deido, elle prospecte régulièrement sur le réseau de communication internet qu’est WhatsApp. Croquettes, gâteaux et crêpes sous toutes leurs formes sont les produits qu’elle propose et qu’elle appelle les « Délices de Michelle« . Originaire de la région de l’Ouest installée à Douala pour ses études universitaires, la pâtisserie est le moyen qu’elle a trouvé pour soutenir ses aînés dans la paiement de sa pension universitaire et régler ses factures. Sauf que l’irrégularité des commandes est embêtante.  » Ce n’est pas vraiment facile pour moi, parfois j’attends les commandes avec hâte pour régler certaines factures ou pour acheter certains documents, mais je ne reçois pas à temps. On s’accroche juste« , révèle la jeune pâtissière.

Ainsi la vie de travail des femmes du secteur non organisé n’est pas un fleuve tranquille, mais la persévérance, la résilience les caracterisent, et la passion qu’elles ont pour leurs métiers n’est pas négligeable comme facteur de leur endurance.

Chanelle NDENGBE 

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