C’est en qualité de marraine d’un évènement de promotion de l’africanité que l’artiste s’est exprimée à un vaste auditoire sur la question des cheveux naturels.
Port des perruques, greffes brésiliennes…et le défrisage sont perçus par plusieurs panafricanistes comme des formes modernes d’esclavage et de colonisation en Afrique au même titre que le blanchiment volontaire de la peau, une perception qui donne lieu à des initiatives remédiatrices. Parmi celles-ci le Salon de la beauté africaine (SABA) qui s’est longuement axé sur les cheveux africains au cours de sa récente édition marrainée par Kareyce Fotso. La chanteuse nappy a partagé son histoire avec ses cheveux dans un but de sensibilisation.

Défrisée pendant la tendre jeunesse du fait de l’éducation
De l’histoire de Kareyce Fotso avec ses cheveux, on retient que la musicienne qui est aujourd’hui nappy avec une style vestimentaire afritude ne l’a pas toujours été. « Comme tous les enfants de mon âge j’ai passé mon adolescence avec les cheveux défrisés et bien au-delà », révèle-t-elle. Le défrisant n’était la seule parure de tête pour laquelle l’artiste a opté en grandissant et même quand sa carrière musicale a commencé, elle mettait greffe et perruques. C’est avec une grande prise de conscience du chemin de perdition sur lequel elle se trouvait, qu’elle est retournée à ce qui la définit et qui marque son identité, les cheveux naturels. Mais de cette période d’ignorance, elle retient le rôle qu’ont joué ses parents dans son identification à l’occident. « Mais tout ceci n’était pas de ma faute, ce n’est d’ailleurs pas la faute de toutes les jeunes filles si elles refusent leurs cheveux naturels. C’est ce qu’on leur a appris dans leur enfance, tout par de là ». La marraine du Saba a illustré son propos par le cas de poupées blanches et lisses que les parents offrent comme cadeau à leurs fillettes. « Quand vous êtes enfant et qu’on vous offre une poupée blanche aux cheveux lisses, c’est pour que demain, en grandissant vous vous identifiez à ces poupées » conclut-elle. Prenant aussi le cas la rareté de l’expression en langue maternelle par les jeunes de cette génération camerounaise, la chanteuse a expliqué que la majorité des parents étaient légers avec nos valeurs, les mamans à qui incombent l’éducation en particulier. Elles-mêmes n’expriment pas les valeurs culturelles dans leurs modes de vie et il est évident que leurs filles feront pareil parce qu’elles sont à leur image. Kareyce Fotso fait son retour aux sources grâce à une rencontre, qu’elle souhaite à toutes celles qui sont encore dans le complexe occidental.

Le déclic, qui a mené à la nouvelle naissance
Alors qu’elle se préparait pour un concert avait beaucoup d’assurance sur son apparence, elle a été foudroyée par les propos d’un manager de couleur blanche. «J’ai toujours une sensation étrange quand je raconte cette histoire, dire que c’est quelqu’un d’ailleurs, un étranger qui m’a fait voir la réalité ». Le manager en question est un européen d’origine et de nationalité qui en interpellant l’artiste camerounaise ce jour lui fait comprendre qu’elle était fausse avec ce qu’elle avait sur sa tête avec les mots les plus crus. « Il m’a dit mais Kareyce tu intègres un monde multiculturel et tu ne peux pas conquérir le monde si tu ne représentes pas d’où tu viens ». Les choses ont changé pour la musicienne à ce moment mais progressivement au point où elle est fan de sa culture et inculque verbalement avec exemple à l’appui l’amour de cette culture à ses filles. « Aujourd’hui, c’est ma plus grande fierté », dit-elle pour exprimer le fait que ses filles optent pour des cheveux naturels et les musiques africaines au détriment des musiques et cheveux occidentaux. Une histoire par laquelle l’artiste panafricaine invite les parents à inculquer l’amour de soi et de l’Afrique à leurs enfants afin de faire briller avec authenticité notre continent.
La 1ere édition du Saba, initiative de Sylvia Ongono CEO de Essila s’est tenu du 4 au 5 novembre dernier à Douala dans le but de la promotion de la beauté authentique africaine, une mission qui promet au regard de l’intensité des programmes qui ont eu lieu.
Chanelle NDENGBE

