L’IMMEUBLE EFFONDRÉ AU QUARTIER MOBIL GUINNESS À DOUALA ÉTAIT APPELÉ « IMMEUBLE DE LA MORT »

C’est le nom que donnait le voisinage du fait de la précarité des lieux. 

Cet immeuble qui a englouti plus de 34 vies selon le bilan officiel provisoire était vétuste, inachevé, il n’était pas crépi. Chaque locataire arrangeait l’intérieur de sa maison avant de l’intégrer, selon ce que nous dit le voisinage.

Certaines femmes témoignent qu’il était difficile d’être dans l’une des pièces et taper du gombo sur la pierre à écraser, de peur de provoquer des secousses.

Le bailleur aurait acheté le terrain il y a plusieurs années, le sous sol étant déjà construit. Il a donc monté l’immeuble sous les avertissements des riverains qui l’auraient prévenu que le terrain ne pouvait supporter qu’un R+2, mais il se serait en-têté, à construire un R+4. La mairie aurait d’ailleurs demandé de libérer les lieux, en vain.

Au quartier Mobil Guinness, l’histoire de cet « immeuble de la mort » est racontée alors que nous sommes sur le terrain ce dimanche 23 juillet 2023. Les voisins le rappellent car ayant perdu des proches qui assistaient à la fête qui y était organisée par le fils du bailleur, administrateur des biens depuis le décès de son père il y a trois ans. Le jeune homme d’environ 25 ans est lui aussi décédé dans ce drame dont l’alerte a été donnée tard dans la nuit de dimanche.

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Les sapeurs pompiers

Le début de la catastrophe …

C’est à partir de minuit, la traversée du samedi 22 au dimanche 23 juillet 2023 que les habitants ont été alertés par des secousses des murs de l’immeuble dit de la mort, des mouvements accompagnés des cris d’appel à l’aide « aidez-moi, sauvez-moi, au secours« . Tels sont les mots prononcés par les habitants de cet immeuble rapportés par les riverains. Selon ce qu’indiqu’ent ces derniers répondant aux reporters de Griote Tv, le voisinage serait le premier à intervenir après avoir appelé les secours. Les sapeurs pompiers sont arrivés aux environs de 1h30, aidés par la population, ils ont commencé à secourir quelques habitants de l’immeuble avant d’être assistés par des techniciens de circonstance, arrivés quelques heures plus tard avec des engins. Les forces de sécurité également seraient arrivées aux environs de 8h30, tardivement. Entre 00h et 9h environ, une trentaine d’individus étaient sortis des décombres.

En ce moment, les riverains ne parviennent pas à estimer le nombre de morts, étant particulièrement marqués par le décès d’une jeune fille sortie des décombres vivante, et accusent la non promptitude des secours. « Mon ami était vivante lorsqu’on l’a sortie, mais le temps qu’on l’amène à l’hôpital c’était tout un problème. Elle est morte sur le chemin », rapporte une riveraine.

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Des familles attendent les nouvelles de leurs proches

Ce que nous avons vécu sur le terrain

Le gouverneur de la région du Littoral est arrivé sur les lieux vers 10h30, a fait une communication vers 12 h ce 23 juillet 2023, annonçant 31 personnes secourues dont 12 morts. Après son départ, nous avons assisté à la sortie des décombres d’un homme vivant, un homme mort, trois femmes mortes, et deux garçons âgés entre 10 et 14 ans morts.

Les fouilles se sont poursuivies toute la nuit et se poursuivent actuellement pour retrouver ceux qui sont ensevelis par les décombres, car, ils étaient nombreux dans ledit immeuble. « Il n’y a pas moins de cinquante personnes dans cet immeuble. Il y avait plus de studios et de chambres, et dans chaque studio, il y avait au moins un enfant« , informe une riveraine.

Cette situation macabre crée la désolation totale. Parmi le monde qui entoure la scène du drame, on remarque ceux qui pleurent leurs morts et ceux qui sont engoissés par le sort de leurs proches encore sous les décombres. « Je suis venue voir ma nièce, elle a 28 ans, elle n’est pas encore sortie » raconte une dame la voix tremblante. Une autre attend des nouvelles de sa fille assise, désemparée à même le sol.

Au milieu de tout ceci, Charlène arrive autour de 19h et fait face a un champ de ruine. Elle louait un studio dans l’immeuble effondré, elle a juste fondu en larmes à la vue de la situation. « Je sors de l’enterrement de ma grand-mère » déclare-t-elle en sanglots.

Les fouilles se poursuivent et certaines familles gardent espoir car certaines victimes envoient encore des messages de detresse.

Chanelle NDENGBE

 

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