«ON NE NOUS A PAS TOUT DIT», L’ESSAI DE MICHELE BILONG QUI PROPOSE DES SOLUTIONS POUR L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME

Dans son tout premier essai, l’écrivaine camerounaise se propose de lever le voile sur les profondeurs inconnues des réalités des femmes, qui peuvent être de nature oppressantes, d’où le titre « On ne nous a pas tout dit »

Célèbre sous sa casquette d’auteur de livres dédiés à la petite enfance, Michèle Bilong innove dans le monde de la littérature avec la publication de son tout premier essai intitulé « On ne nous a pas tout dit ». Un ouvrage qui mène une analyse profonde sur la situation de la femme tout en proposant des voies d’émancipation pour celle-ci.

En 107 pages, Michèle Bilong fait l’autopsie de la situation féminine et propose une médicamentation à titre préventif et curatif pour l’émancipation des femmes. Préfacée par Habissa Bidoung et postfacée par Jeanne Kegne, cet essai analyse en dix-huit chapitres réparties en deux parties, des thèmes relatifs à la vie des femmes. De leur vie de couple, les étapes tels que l’accouchement, la ménopause et même le veuvage en Afrique, pendant lesquels la femme voit sa dignité bafouée, traitée en société comme un être entièrement à part et non à part entière. L’auteure n’oublie pas de proposer les moyens de se libérer et guérir des effets oppressants de certaines étapes de la vie de femme.

La désacralisation du sacré féminin par les violences

La première partie du livre « On ne nous a pas tout dit est consacré à la situation de la femme ». En neuf chapitres, l’autrice analyse la situation de la femme dans tous ses aspects. Elle relève que la femme est un être sacré au moins pour sa famille, mais c’est également l’être qui est le plus victime des violences psychologiques et physiques qui surviennent dans la vie conjugale. Si les violences physiques sont facilement perceptibles, les violences psychologiques ne sont pas facilement détectable, pourtant manifestées par le harcèlement, les insultes, les menaces. Ces violences conjugales infligées sous différentes formes à la femme constituent selon l’auteure la désacralisation du « sacré féminin». «Toute femme est sacrée pour quelqu’un : ses parents, ses enfants, ses frères…Tout homme violent devrait savoir qu’il a dans sa vie « une femme sacrée ». Pourquoi son épouse ou sa compagne ne ferait-elle pas partie du sacré ? », interroge l’écrivaine au chapitre 3 intitulé « Femme et violence psychologique ». Des solutions à ces violences et à toutes les violations des droits des femmes en couple ou dans la société sont existantes. Michèle Bilong les liste et les explique dans la deuxième partie de l’essai.

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Les voies d’émancipation …

La deuxième partie de cet ouvrage porte comme titre « Les voies d’émancipation de la femme ». Ces voix d’émancipation s’articulent autour de huit chapitres traitant de la défense des droits des femmes, de l’autonomisation, du militantisme politique, de la confiance en soi, de l’éducation et bien d’autres. Cette partie s’ouvre avec le chapitre sur la défense des droits des femmes. L’auteure explique de la femme africaine a encore beaucoup de combats à mener et fait replonger dans l’histoire des droits de la femme, évoquant des dates marquantes de « l’affranchissement de la femme à travers le monde », à l’instar de la première convention des droits des femmes en 1848 à Seneca Falls à New-York, aux Etats-Unis, « qui appelle à l’égalité pour des droits pour les femmes, y compris le droit de vote ». L’histoire de l’évolution des droits de la femme c’est aussi l’histoire de l’activisme. Aussi un chapitre consacré à la femme politique explique comment celle-ci peut militer pour revendiquer et promouvoir ses droits et ceux de l’ensemble des femmes dans la société. L’autonomisation reste également une grande arme contre les violences et l’oppression des femmes, une autonomie qui passe notamment par l’éducation et la formation. L’auteure parle de l’éducation de la jeune fille au mariage, afin qu’en tant qu’épouse, elle soit informée sur ses droit, ses devoirs, les droits de son conjoint et aussi les limites de ce dernier. La femme devrait chercher son bien-être dans l’activité physique ou mieux le sport, la pratique du sport étant en effet un médicament contre le stress.

Mais au finish Michèle Bilong prône la complémentarité entre les femmes et les hommes, loin des clichés conflictuels de genre, mais une vraie synergie pour une société africaine plus solide par ses valeurs et son histoire. Une œuvre qui arrive avec l’espoir d’un changement de mentalités pour galvaniser les femmes. « Chaque femme pourra puiser dans cet essai de quoi mener sa propre réflexion sur son éveil en prenant comme point de départ l’histoire qui est la sienne », a souligné Jeanne Kegne, en Postface.

Chanelle NDENGBE

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