C’est devenu une norme dans nos marchés, les femmes ont opté pour la facilité.
Que ce soit pour des légumes tels que le gombo, le zo’om, kèlèng-kèleng, ainsi que l’okok ou encore des aliments comme la banane douce, le manioc, et les pommes de terre, la plupart des commerçants offrent un service après-vente. Elles épluchent ou découpent, à la demande des clientes.
Rendus au marché New Deido ce mardi matin dans le 1er arrondissement de la ville de Douala, nous rencontrons, dame Dika. Elle est commerçante et vend du gombo. Assise sur une chaise en bambou et mortier entre ses jambes, cette femme découpe et pile le gombo pour ses clients. Face à la demande montante de ce service pour les femmes, elle en a fait une politique commerciale. Sur son étalage, elle a disposé le gombo découpé en tas de 100f et celui déjà pilé en tas de 300f.
«Je me lève à 5h du matin pour piler le gombo et je commence le marché entre 6h et 6h30. J’ai toujours des clients, parce que je leur facilite la tâche», laisse entendre Dame Dika. Un service qui attire de plus en plus les femmes qui expriment leur satisfaction. «Elle nous rend un grand service, je n’ai pas assez de temps pour cela. Mon temps à la cuisine est réduit et je passe à autre chose», affirme Judith. Bien que les conditions d’hygiène qui entourent ce «pilage de gombo» laissent à désirer, la clientèle semble se plaire du service
Proposer d’éplucher ou découper des aliments, est également une autre façon de captiver l’attention du client. «Le marché est très dur. Il y a des clientes qui imposent l’épluchage autrement elles s’en vont ailleurs. On est donc obligé d’éplucher les bananes si l’on veut que la marchandise sorte. Parfois il y a des clientes qui donnent la motivation. 100f ou 200f selon la quantité », nous confie Maa Magne, commerçante au marché New-Deido.

Du jour au lendemain, des femmes se sont rabattues vers cette facilité. D’aucunes pour des raisons d’indisponibilité, d’autres encore par paresse, et certaines par manque de savoir-faire, nous explique Mado, vendeuse de pommes de terre dans le même marché.
C’est aussi une question de concurrence et d’appât du gain. Pour la plupart des commerçantes d’aliments, c’est un service qu’elles rendent pour accroître et maintenir leur clientèle. Même s’il arrive de le faire gratuitement au risque de voir les clients se déporter vers leurs concurrentes, elles disent recevoir des motivations allant parfois jusqu’à 500fcfa.
«Si moi je veux vendre le service une autre va accepter de le faire gratuitement. Le client ira acheter là-bas. Ce que nous voulons c’est les clients. Dieu m’a donné les mains cadeau, celles qui voient qu’elles sont paresseuses je les aide aussi cadeau» lance ironiquement Aimée, une jeune femme qui commercialise les tubercules de manioc.
Disons qu’au départ ce service était très prisé par les restaurateurs. Mais il est rapidement devenu une affaire de tous. Selon les femmes, cela facilite la cuisine et rend le temps d’exécution beaucoup moins long.
Alimatou R (stagiaire)
