PRESENCE DES FEMMES DANS LA SPHERE DU POUVOIR : PAUL BIYA NE PRECHE PAS PAR L’EXEMPLE

Lors du conseil des ministres tenu le 16 Janvier 2019, le chef de l’Etat a invité les membres du gouvernement à une meilleure implication des femmes. Or, à regarder la constitution du remaniement du 04 Décembre 2019, le pouvoir des femmes diminue.

 

C’est le constat criard qui surgit au premier regard sur la présence des femmes dans ce nouveau gouvernement camerounais.

Loin des discours ronflants sur la parité et la volonté d’inclure le plus grand nombre de femmes dans la sphère du pouvoir, c’est un écœurant statut quo de la présence féminine dans le récent remaniement. Elles sont 11 sur 70 membres du gouvernement et assimilés. Onze, c’est exactement le chiffre indicatif du nombre de femmes dans le gouvernement de 2018.

QU’EST-CE QUI A CHANGE ?

Entre 2018 et 2019, pas grand-chose, si ce n’est la diminution du pouvoir des femmes. En effet, on est parti de 8 ministres femmes en 2018, pour 7 en 2019. Cette régression d’un poste ministériel  a été très vite reconvertie en secrétariat d’Etat. En résumé, on se retrouve avec 1 ministre déléguée à la présidence de la République, 7 ministres, 1 ministre déléguée auprès du ministère de l’agriculture  et 3 secrétaires d’Etat.

En 1980 on avait 5 femmes et 43 hommes au gouvernement, soit 10, 42 % de femmes. En 2006, le gouvernement était composé de 6 femmes et 55 hommes soit 9, 84%. En octobre 2018, le gouvernement camerounais ne comptait que 7 femmes ministres, une ministre déléguée et deux secrétaires d’État sur un total de 64 membres du gouvernement.

Il est évident qu’au moment où les questions  cruciales  de la présence des camerounaises dans la sphère du pouvoir se posent, on est en droit de se demander pourquoi aucune femme n’a encore été nommée Première Ministre, pourquoi le porte-parole du gouvernement est absolument masculin contrairement au Gabon proche de nous où, le porte-parole du gouvernement est une femme. Elle assume bien ses fonctions malgré les observations misogynes qu’elle doit affronter.

Au Cameroun, on dirait qu’il est encore difficile de songer aux ministres femmes  auxquelles sont confiés des portefeuilles régaliens tels  les finances, la défense, ou l’administration territoriale. Bref le schéma auquel on a droit est celui de la femme tradionnellement confinée aux fonctions genrées telles les affaires sociales, la famille.

Conseil du 4 Janvier ©CRTV

 

DE LA VISIBILITE FEMININE DANS LA SPHERE DU POUVOIR

Selon des études de 2007 sur « Le genre et le commandement territorial au Cameroun», les camerounaises sont sous représentées dans la prise des décisions du fait d’une absence de « volontarisme étatique ». On parle ici de «  paradigme patriarcal », car  « la dépendance des femmes à l’égard des hommes s’est muée en dépendance envers l’État ».

Un sexisme qui relève d’un autre âge et qui devrait céder la place au principe de l’égalité des chances,  à l’accès pour tous aux différents corps de l’État.

Les femmes attendent donc une meilleure visibilité, elles demandent à être considérées comme des forces devant contribuer au changement. On attend donc du prochain remaniement  une réelle présence des femmes dans le gouvernement.

Clarence Yongo

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