Des matières premières périmées découvertes dans le circuit de fabrication des couches et serviettes hygiéniques de la marque Softcare.
À la suite d’une inspection menée en décembre 2025 dans une usine de fabrication de couches et de serviettes hygiéniques située à Sindia, dans le sud du Sénégal, l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) a annoncé avoir découvert 1 300 kilogrammes de matières premières périmées.
Selon des déclarations faites à la télévision publique sénégalaise par le Dr Moussa Diallo, directeur de l’Inspection pharmaceutique, de la surveillance du marché et des vigilances à l’ARP, certaines de ces matières premières seraient impropres à l’usage et potentiellement cancérigènes.
Face à l’ampleur de la polémique et aux inquiétudes grandissantes des consommateurs, l’ARP décide par lettre d’information du 8 décembre 2025, de retirer du marché les couches et serviettes hygiéniques de marque Softcare. La décision est saluée par les professionnels de santé et plusieurs organisations de la société civile. Mais cet élan de satisfaction sera de courte durée.
Huit jours plus tard, un nouveau communiqué de la même agence affirme que les produits précédemment interdits répondent finalement aux normes sanitaires en vigueur et peuvent être remis en circulation. Un revirement pour le moins troublant. Plus étonnant encore, ce communiqué n’est signé par aucun responsable, laissant planer le doute sur l’authenticité et la responsabilité de cette décision.
Les consommateurs crient au désarroi, les médias s’indignent et certains partis politiques dénoncent une démarche qui remet en cause la capacité de l’État sénégalais à protéger efficacement la santé publique.
Dans ce climat de confusion, le Dr Moussa Diallo, qui avait dirigé l’inspection ayant mis au grand jour les irrégularités à l’usine de Sindia, revient au-devant de la scène. Il réaffirme, avec insistance, la dangerosité des couches et serviettes hygiéniques de marque Softcare, géant chinois des couches africaines.
Entre corruption et pressions internes …
Dans les médias, notamment au micro du journal sénégalais L’Observateur, le Dr Moussa Diallo accuse les dirigeants de Softcare d’avoir tenté à plusieurs reprises de le corrompre, évoquant des visites à son bureau accompagnées de mallettes d’argent. Un enregistrement audio largement relayé dans les médias le montre affirmant qu’il n’a jamais cédé à ces tentatives, tout en dénonçant les pressions et chantages dont il ferait l’objet au sein même de l’agence gouvernementale qui l’emploie.
Une enquête a depuis été ordonnée par les autorités sénégalaises
Toutefois, selon certains observateurs avertis, son issue pourrait être compromise, en raison de la dimension diplomatique que pourrait prendre cette affaire. Il faut rappeler que la marque Softcare appartient au géant chinois SUNDA International, présent dans plus de vingt pays africains, dont le Cameroun.
En attendant que scientifiques, autorités sanitaires et responsables politiques s’accordent sur la vérité, les consommateurs, eux, restent suspendus à l’incertitude, car au bout de cette controverse, c’est bien la santé de milliers, voire de millions de personnes, qui est en jeu dans plusieurs pays.
John MATOU
