SINISTRE DE MOBIL GUINNESS: ILS L’ONT ÉCHAPPÉ BELLE

À côté de la quarantaine de morts enregistrés dans le sinistre de Mobil Guinness, figurent ceux qui ont échappé à la mort et à l’accident.

Les recueillements organisé sur le site du sinistre du 23 juillet en la mémoire des âmes qui y sont mortes, ont davantage fait découvrir les miraculées du drame. Ceux, qui sont sortis vivants des décombres, et ceux qui bien qu’habitant l’immeuble, n’ont pas vécu la catastrophe.

Parmi ces personnes sorties vivantes des décombres, la rédaction de Griote Tv a eu connaissance de cinq cas. Les premiers concernent trois membres d’une même famille. Un monsieur et ses deux enfants. D’après ce que rapportent les riverains qui ont vécu le drame, le monsieur et ses enfants ont été parmi les premiers à sortir des décombres. « Quand ça a commencé, il a reveillé sa femme, mais elle ne réagissait plus, la secouer à plusieurs reprises sans réponse d’elle. Sur le coup il a pris la voie de sortie qu’il avait ciblée avant de se faire secourir », rapporte un riverain secouriste. Le monsieur a ainsi eu la vie sauve avec ses enfants âgés de moins de 7 ans. Le corps sans vie de sa compagne a été sorti plus tard dans les décombres.

Autre cas, celui de Rita Mbembuen, avec laquelle nous nous entretenus ce dimanche 30 août. Sur cette rescapée du drame, on peut encore aperçevoir les marques du sinistre, précisément au niveau de son visage. Si on a pu l’extraire des décombres avec son fils Wesly, 1an et demi, ce dernier a fini par succomber.

« Je me souviens que je suis rentrée du travail. J’ai mangé avec mon enfant, on a joué. À minuit on dormait quand j’ai entendu les bruits, les choses tombaient. Je me suis levée, j’ai couvert mon enfant. Je pleurais, il ne faisait que crier … Après j’ai seulement senti comment des personnes m’ont touchée. Ils m’ont dit madame, ne vous en faites pas on va vous aider. J’ai dit sauvez mon enfant, sauvez mon enfant s’il vous plaît. Ils nous ont pris, ils nous ont amenés à Laquintinie et mon bébé est décédé »,

raconte tristement Rita.

Un autre rescapé actuellement interné à l’hôpital régional d’Edéa, Achille Nogbanga a conté le tragique moment.

« J’étais coincé dans la dalle.Mes pieds étaient bloqués. Il n’y a que ma main droite que je pouvais bouger. Mon ventre et ma poitrine étaient protégés par les débris de ma bassine de lessive. J’appelais au secours. L’un de mes voisins,également coincé comme moi, appelait aussi au secours. Je lui ai demandé d’économiser son énergie pour ne pas s’essouffler… ».  » Au moment où on me sortait des décombres, j’ai entendu la voix de ma femme qui agonisait. Je lui ai crié de supporter, et que j’allais venir la tirer de là… »,

ajoute t-il. Mais ni sa femme, ni sa fille de 7 n’ont pu sortir vivantes des décombres.

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Sur le site de l’effondrement

Ils n’étaient pas chez eux lorsque le drame s’est produit

Charlène Ngoube, locataire d’un studio de l’immeuble revenait d’un voyage le dimanche soir lorsqu’elle a pris connaissance des faits désastreux qui s’étaient produits durant son absence. Un engin effectuait des fouilles dans ce qui était autrefois l’immeuble qui abritait son studio et des corps sans vie en sortaient. Elle a laissé echapper des sanglots, déclarant par la même occasion « je sors de l’enterrement de ma grand-mère ». 

Les frères Marafat ont également échappés au drame, et l’aîné miraculeusement, car à peine était-il sorti puiser de l’eau pour se baigner que l’immeuble s’est effondré derrière lui. Son frère cadet en voyage est rentré mardi matin a vu ce qui restait de sa moto sortie des décombres. « Mais ce n’est rien, c’est le matériel, ce qui fait atrocement mal, parce qu’on était comme une famille avec ceux qui sont morts », s’exprime t-il au micro de Griote Tv. À côté des frères Marafat, un couple aussi l’a échappé belle.

« Ce sont des jeunes gens, la femme a insisté qu’elle veut manger le poisson braisé, le gars était fatigué, mais la femme a insisté, il a fini par céder. C’est comme ça qu’ils sont sortis manger le poisson là derrière et pendant ce temps, l’immeuble est tombé »,

rapporte Daris, une voisine proche.

Mais parmi ceux qui ont échappé au sinistre figurent également des malheureux comme le nommé Richard Mimbo. Ce dernier louait une chambre moderne au deuxième niveau de l’immeuble. Le soir du samedi 22 juillet, il n’était pas dans sa chambre, mais sa fiancée qui vivait dans le quartier et avait un double des clef s’y est rendue.

« J’étais au bar, après un ami m’a invité à un anniversaire à 14. Vers 22h comme ça ma femme m’appelle pour me dire qu’elle est à la maison, je lui dis que vais rentrer tard. C’est la dernière fois que je lui ai parlé et puis j’ai appris »,

rapporte le fiancé éprouvé.

C’est dans la nuit du samedi au dimanche 23 juillet que l’immeuble appelé « immeuble de la mort » depuis des années s’est effondré vers 00h15, ôtant la vie à plus de quarante personnes au quartier Mobil Guinness dans le 5e arrondissement de la ville de Douala. Les sauvés et épargnés n’égalent ainsi pas les vies perdues dans ce sinistre. L’hécatombe brise toujours les coeurs des familles, des voisins, y compris ceux des rescapés. Cette tristesse a géneralement été manifestée ce weekend, ou des recueillements en hommage aux décédés dans le sinistres ont eu lieu. L’évènement reste traumatisant pour les riverains qui souhaitent ne plus jamais revivre un drame pareil.

Chanelle NDENGBE 

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