La victime venait tout juste de se séparer de ses enfants lorsqu’elle est tombée entre les mains de ses bourreaux : une nouvelle tragédie liée au banditisme à Bertoua.
Piégée par des malfrats à Bertoua dans la région de l’Est, Philomène Ndambaki a été victime d’une agression mortelle. Dans la nuit du jeudi 6 août 2026, cette vendeuse de poisson du quartier Kpokolota avait été devancée ses enfants sur son lieu de commerce. La localité étant plongée dans le délestage, elle les y a rejoints pour les renvoyer à la maison. Après avoir fait monter ses enfants sur une moto, la femme de 46 ans a décidé de continuer à pied. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée face à des malfrats qui l’ont attaquée à l’arme blanche. La victime a succombé à ses blessures à l’hôpital où elle avait été transportée, laissant trois orphelins et une famille éplorée.
Des conditions qui entretiennent l’insécurité à Bertoua
Face à ce nouveau drame, Evariste Lebon Mbele Messe, journaliste pour East News Cameroon, un média local, dresse l’état des lieux de la situation sécuritaire dans la région du Soleil-Levant. Selon lui, le grand banditisme n’y est plus seulement un crime, « mais un secteur d’activité en plein essor, doté d’une croissance à faire jalouser le ministère de l’Économie ».
Ce « secteur d’activité » jouit ainsi, selon son analyse, de plusieurs atouts qui trouvent leurs racines dans l’ouverture géographique, le chômage, la circulation des stupéfiants et le difficile accès aux services de base comme l’électricité :
« D’abord, l’Est est une véritable passoire géante où armes de guerre, mercenaires en reconversion et criminels en fuite traversent les limites territoriales plus facilement qu’un citoyen ordinaire cherchant à établir une carte d’identité. Ensuite, la culture de l’obscurité règne en maître : au lieu d’investir dans l’éclairage public, on laisse les ruelles des quartiers populaires comme Kpokolota ou Nkolbikon ressembler à des décors de films d’horreur, permettant aux agresseurs d’économiser leurs forces. Enfin, face au chômage endémique, au désœuvrement et à la prolifération de drogues artisanales, la rue recrute désormais cette jeunesse abandonnée plus vite que la fonction publique.»
De cette insécurité, les femmes paient le plus lourd tribut. Un constat qui se vérifie au-delà de la région de l’Est, notamment dans le Centre où le corps sans vie d’une femme a été retrouvé le week-end dernier à proximité d’un restaurant de rue.
Chanelle NDENGBE
