UNE FEMME ENVOIE EN PRISON L’ENFANT QUI COMMERCIALISE SES BEIGNETS ET SE REND COMPTE 11 ANS PLUS TARD QU’IL EST INNOCENT

Après avoir passé onze années derrière les barreaux, parce qu’accusé injustement de vol par sa patronne, un jeune homme de 22 ans a recouvré la liberté grâce à des agents sociaux.

C’est l’histoire d’un enfant de 11 ans qu’une dame est allée chercher chez ses parents dans le septentrion pour qu’il l’aide à vendre ses beignets. Le garçon avait donc pour mission de revenir tous les soirs avec une recette de 3000fcfa. Sauf qu’un jour, en allant vendre la marchandise de sa patronne, l’enfant a glissé sur un escalier du marché central de Yaoundé et les beignets se sont déversés à même le sol. Il a pu ramasser une petite quantité, mais l’insalubrité du coin étant en sa défaveur, il n’a pu obtenir que la recette de 1500fcfa.

De retour à la maison, il a expliqué sa mésaventure de la journée, mais, la dame n’a pas cru en sa version, elle  l’a plutôt accusé de vol. Ayant un copain inspecteur de police, elle en a parlé avec lui, demandant qu’il punisse le garçon. Ledit inspecteur a fait enfermer l’enfant dans la cellule de l’unité de police à laquelle il appartenait, sans que son nom ne soit porté dans aucun document et finalement le petit garçon s’est retrouvé en prison. Ce sont des travailleurs sociaux du Centre de Recherche et d’Organisation des Droits de l’Homme qui le retrouvent 11 ans plus tard, alors toujours incarcéré à la prison centrale de Yaoundé, ayant été victime d’abus sexuels durant tout ce temps.

Ils reconstituent les faits et la dame est mise devant ses responsabilités. Elle s’est rendue compte que l’enfant avait été faussement accusé de vol et qu’il était depuis lors détenu à la prison de Nkondengui. Elle lui a présenté ses excuses, mais le jeune homme âgé de 22 ans n’a mot dit, seul son regard exprimait sa colère. Après les procédures d’usage, il a été libéré mais était totalement désorienté, car de retour auprès de sa famille, celle-ci avait déjà organisé ses obsèques, pensant qu’il était décédé. La dame avait prétexté une fugue du garçon, mais disait ne pas savoir où il s’était réfugié. Les parents avaient ainsi considéré qu’ils ne reverraient plus leur enfant.

Au sortir de cette histoire, il a fallu une prise en charge psychologique de la victime, le policier a quant lui été condamné à remettre son salaire au garçon pendant deux ans, pour sa prise en charge médicale, l’homme en tenue a été condamné à deux ans de prison avec sursis et la dame a été condamnée à 6 mois de prison dont 3 mois d’emprisonnement ferme et trois mois d’emprisonnement avec sursis.

Une situation difficile pour tous les acteurs impliqués dans cette situation qui date de 2015.

Clarence YONGO

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