La saison macabre pour les femmes se poursuit au Cameroun, tandis que le corps d’une femme est découvert à Douala, le présumé meurtrier d’une autre est le petit-fils de la victime.
L’horreur des crimes à l’égard des femmes dans les villes du Cameroun se poursuit, avec des circonstances qui donnent à réfléchir sur le contexte social. Il y a quelques mois, un responsable de la police faisait observer la circulation libre des drogues, à l’origine du manque de lucidité et du développement de la cruauté chez plusieurs jeunes de notre pays. Serait-ce le cas du dernier homicide sur une dame à Mbouda?
Une femme est tuée par son petit-fils à Bamenssingue
Les faits se sont produits le 15 novembre 2024, lorsque maman Marie revenait du marché, transportée par une moto. Son petit-fils, Godwin Tchoffo âgé de 19 ans s’est pointé devant elle, muni d’une machette avec laquelle il lui a ôté la vie. Il a également essayé de trancher le conducteur de moto-taxi qui transportait sa grand-mère, mais celui-ci a pu se sauver. Après ce sang versé, le jeune homme est allé lui-même se livrer à la gendarmerie de Babadjou. Les réels mobiles de son crime ne sont pas encore connus, mais selon les médias locaux et des proches de la famille, le jeune homme avait plusieurs fois menacé sa grand-mère. Selon certains proches, il aurait agi sous l’effet des stupéfiants. Le jeune criminel qui a volontairement abandonné ses études est en effet connu comme un consommateur de stupéfiant dans le village.
Le corps d’une femme est découvert en plein marché de la gare à Douala
Le soir du 18 novembre 2024, les commerçants du marché de la gare à New-bell ont été frappés par la découverte au bloc chaussures, du corps sans vie d’une jeune femme connue de quelques-uns dans le coin. Selon un commerçant avec qui la rédaction de Griote s’est entretenue sur le terrain, il pouvait être 18h ou 18h30 lorsqu’il a remarqué l’attroupement et a vu le corps à distance, mais tellement choqué, il n’a pas voulu aller voir de plus près. Un autre commerçant informe qu’il remarquait la défunte même s’il ne connaissait pas son nom. « C’est la fille qui ramassait souvent les sacs ici, mais je ne connaissais pas son nom. Je la voyais par moment », indique le commerçant. Nous nous sommes rendus au poste de police du marché situé non loin de la découverte macabre. Le chef de poste nous a révélé que la défunte était appelée Aïcha. « Je suis arrivé sur les lieux le matin vers 9h30. J’ai vu le corps d’une femme. On a découvert qu’elle s’appelait Aicha, elle peut être dans la tranche d’âge de 30 à 35 ans. J’ai informé le commissariat du 2e pour le constat et la maire de Douala 2e a emporté le corps de la jeune femme ». Si des rumeurs annoncent que la dame était ligotée au moment de sa découverte, le chef de poste affirme qu’elle n’avait aucune marque de sévice sur son corps et selon les informations recueillies, elle était régulièrement en compagnie des hommes suspectés de consommer des stupéfiants. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances jusqu’ici floues du décès de la dame.
L’insécurité grandissante devient terrifiante au Cameroun, les femmes en font les frais. A date, la rédaction de Griote enregistre 67 femmes tuées en 307 jours au Cameroun. Les mesures efficaces pour barrer la voix aux criminels sont implorées par les populations.
Chanelle Ndengbe
