Une longue file d’attente était présente sur le boulevard du 20 mai dans la ville de Yaoundé, les publications sur les réseaux sociaux ont ameuté les foules affamées.
Elles étaient encore très nombreuses le samedi 11 janvier 2025 dans les rangs devant le marché de fortune achalandé pour la circonstance. Organisé par le ministère du commerce, cette mini foire sous le prétexte de croisade contre la vie chère intéresse de plus en plus de monde.
Plusieurs femmes nous confient être là depuis 08 h de temps pour acquérir le sésame le plus demandé du moment : un sac de 50kg de riz pakistanais vendu à 15 000 fcfa.
Du pain beni pour ces foyers qui ont du mal à passer le mois de janvier et qui trouvent des raisons de gratitude dans les près de 10 000 fcfa d’économie effectuée sur l’achat d’un sac de riz.
Selon les responsables du mincommerce rencontrés sur place, plus d’un millier de tickets(autorisations d’achat) ont été distribués en quelques heures. Et, même si le principe vanté ici est d’un seul sac par personne, les failles de l’organisation permettent à certains bénéficiaires d’acquérir 2, 5 et même 10 sacs sous le nez des contrôleurs. Un business qui a son prix et qui enrichit certains chargeurs et revendeurs.
Sous nos yeux, plusieurs sacs de riz avariés sont retournés et sur le champ, une solution est trouvée pour les concernés qui ne trouvent aucun problème à cela. Une situation qui suscite des interrogations sur la provenance du « riz sauveur ».
Nous avons justement voulu avoir plus d’informations sur les réseaux d’approvisionnement du mincommerce devenu commerçant et curieusement, les agents questionnés n’ont pas souhaité nous renseigner alors que dans les rangs, certains parlent du » RIZ DU COVID ».
Des interrogations fusent sur cette campagne de vente de riz à prix promotionnel par le ministère en charge de l’encadrement des activités commerciales. Des images de longues files d’attente indiquent le degré de précarité dans lequel vivent les populations.
John Matou
