Liz Truss a annoncé sa démission le 20 octobre dernier après 45 jours au pouvoir.
La femme de 47 ans aura connu le plus court mandat de tous les premiers ministres britanniques. Depuis le mardi 6 septembre 2022, elle succédait à Boris Johnson qui avait lui aussi démissionné le 7 juillet 2022. Elle avait été élue cheffe du parti conservateur battant son rival Rishi Sunak, ancien directeur du trésor et officiellement nommée par la reine Elizabeth II, lors d’une audience au château écossais de Balmoral et après 6 semaines tumultueuses à la tête du gouvernement britannique à Downing Street, elle a décidé de démissionner annonçant du même coup l’organisation d’une primaire au sein du parti conservateur pour sa succession.

Les jours de Liz Truss au premier ministère britannique auraient été les plus tumultueux de son existence. Durement critiquée, celle qui comptait défendre la baisse des impôts, promettant d’annuler la hausse des prix de la sécurité sociale et supprimer le prélèvement vert (une taxe environnementale sur le principe de pollueur-payeur) n’a pas pu tenir longtemps.
«Je gouvernerai en tant que conservateur… mettre un plan audacieux pour réduire les impôts et faire croître notre économie… Je serai à la hauteur de la crise énergétique, en m’occupant des factures d’énergie des gens»,
déclarait-elle sur l’estrade quelques instants après l’annonce de sa victoire à l’élection pour la présidence du parti conservateur, fauteuil qui lui octroyait le poste de Première ministre du Royaume-Uni.

Retour sur le séjour trouble de Liz Truss à Downing street
C’est le 5 septembre que Mary Elizabeth Truss de son vrai nom, fait campagne sur des baisses d’impôts pour relancer la croissance. Elle remporte le scrutin des membres du parti par 81.326 votes, contre 60.399 pour Rishi Sunak. Elle est élue par 0,2 % du corps électoral britannique.
Le 6 septembre 2022, elle est nommée officiellement Première ministre après avoir rencontré la reine Elizabeth qui lui demande de former un nouveau gouvernement.
Le 8 septembre 2022, Liz Truss annonce au Parlement un gel des prix de l’énergie. Son intervention est totalement bâclée du fait du décès de la reine Elizabeth II et décès pour lequel la vie politique britannique s’est arrêtée pour dix jours de deuil national.
Le 23 septembre, le ministre des Finances Kwasi Kwarteng annonce un « mini-budget » pour sortir de la crise à base de baisses d’impôts de dizaines de milliards de dollars. Les marchés financiers s’affolent. Le 26, à la réouverture des marchés, la livre plonge à un plus bas historique. Et quelques jours face à cette situation, la Banque d’Angleterre annonce intervenir en urgence sur le marché obligataire face à un « risque important pour la stabilité financière du Royaume-Uni ».
Le 3 octobre lors du congrès du parti conservateur, marqué par des troubles et les discordes, Liz Truss et le ministre des finances sont contraints à un brusque changement d’opinion et renoncent à supprimer la tranche d’imposition la plus élevée. Une mesure jugée extrêmement controversée de leur « mini-budget ».
Liz Truss exclut devant les députés toute réduction des dépenses publiques tout en promettant de maintenir les baisses d’impôts. Pour les plus sceptiques, la nouvelle première ministre ne rassure pas ce qui contribue à nourrir les doutes.
Une séance de questions au parlement sous les affronts et les huées de l’opposition le 19 octobre va être un moment dur à digérer pour la nouvelle première ministre après le limogeage du ministre des finances. Le 20 octobre 2022, Liz Truss se sentant sous pression décide donc de démissionner du poste du premier ministre britannique. Connaissant ainsi le plus court mandat des premiers ministres britanniques.
Le nom du nouveau premier ministre britannique est désormais Rishi Sunak, il prend la tête du parti conservateur alors que ses concurrents se sont retirés. Celui qui avait perdu en face de Liz Truss la remplace ainsi au bout de 45 jours de tribulations.
Rachèle KANOU
