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PÉNURIE DE GAZ : GRANDE FRUSTRATION POUR LES MÉNAGES ET LES COMMERÇANTS À DOUALA

Des cages à gaz vides dans les stations, des rangs formés chez les détaillants illustrent la situation de pénurie de gaz dans la ville de Douala en ce début d’année scolaire.

Des citadines et citadins parcourent désespérément les stations et autres lieux de vente de gaz à Douala dans l’espoir de rentrer avec une bouteille pleine. C’est ce que nous avons constaté sur le terrain ce mardi 15 septembre 2026, alors que la pénurie de gaz défraie la chronique en ce moment au Cameroun.

Au carrefour Agip, situé entre BP Cité et Bessengue, la cage à gaz de la station MRS est vide, tout comme celle de la station Ola. Entre ces deux stations se trouve un point de vente de gaz au détail où la population se masse. Le stress se lit dans la voix d’une maman lorsqu’elle répond à nos questions : « C’est Total que j’utilise habituellement. Mais j’ai cherché partout sans trouver. On m’a dit qu’il y a cette bouteille-ci ici (MRS), je suis donc venue pour l’acheter. Je dois rentrer préparer avant d’aller chercher les enfants à l’école, et il est déjà bientôt 14 h », explique-t-elle. Ainsi, la pénurie de gaz complique la tâche aux mamans en ce début d’année scolaire.

Des pompistes et détaillants nous affirment que les livraisons ne se font plus depuis plusieurs semaines, même si ce n’est que maintenant que le besoin s’exprime dans certains ménages et chez des commerçants. Une utilisatrice de la bouteille Ola est en détresse depuis deux semaines, elle est rentrée bredouille du carrefour Agip : « Je cherche Ola depuis deux semaines, ici non plus je n’ai pas trouvé. Je ne sais même plus quoi faire », se lamente la jeune femme. La situation n’échappe pas à la Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) qui constate : « Les bouteilles de 12,5 kg des marques SCTM, BOCOM, TRADEX et TOTAL sont devenues introuvables dans plusieurs points de vente habituels. Les ménages sont contraints à de longs parcours du combattant. »

Suite à cette frustration, les populations attendent des réponses du gouvernement. « Qu’on nous dise, qu’on nous explique ce qui ne va pas ! Je veux savoir pourquoi il n’y a pas Tradex, MRS, Bocom, Ola, ni même Total. Ce matin, chez nous, on n’a même pas pu déjeuner parce qu’il n’y a pas de gaz. On souffre, on veut vraiment comprendre ce qui se passe ici », a réagi le sieur Kougoum Frank, un agent de sécurité résidant au carrefour Agip.

Interpellée sur l’état des choses, qui concerne aussi les villes de Yaoundé et Kribi, la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a réagi : « Le gaz est disponible à la SCDP, mais effectivement, comme vous le dites, depuis quelques jours nous avons observé des tensions dans certains points d’approvisionnement, mais il ne faut pas généraliser. Le gaz est disponible à la SCDP. Il est disponible dans les stations-services », a déclaré le directeur général adjoint de la SCDP. Cependant, il explique qu’une augmentation des activités en interne crée des perturbations dans les points d’approvisionnement.

La situation de pénurie de gaz domestique avait fait l’objet, il y a quelques mois, d’une alerte lancée par l’expert pétrolier Robert Mouthé Ambassa. Il révélait la situation critique après le départ du navire-usine Hilli Episeyo, qui opérait au large de Kribi et produisait environ 30 000 tonnes de gaz domestique par an. Son départ pour échéance de son contrat au début de l’année 2026, a contraint le pays à un recours massif et en urgence aux importations. Il déplorait également que les autorités n’aient pas pris en compte ces avertissements et les orientations pour remédier au départ de cette usine. La Société nationale d’Hydrocarbures est donc pointée du doigt pour négligence, malgré sa communication visant à rassurer sur un retour à la normale dans les prochains jours.

Pour remédier à la réalité actuelle sur le terrain, la FOCACO propose plusieurs mesures à la SCDP :

« La FOCACO prend acte. Mais nous constatons un DÉCALAGE FLAGRANT entre la disponibilité théorique dans les dépôts centraux et la rareté effective chez les détaillants à Douala.

➡️ CADRE LÉGAL VIOLÉ

Loi-cadre n°2011/012 du 06 mai 2011 portant protection du consommateur :

  • 📌 Article 3 : Droit à la satisfaction des besoins de base
  • 📌 Article 5 : Droit à la protection des intérêts économiques → Prix officiel de 6 500 FCFA bafoué, prix relevés à 10 000 – 15 000 FCFA sur le marché noir
  • 📌 Article 7 : Droit à la sécurité → Retour forcé au bois de chauffe et risques de transvasement clandestin

➡️ NOS 3 EXIGENCES

  1. Gouvernement et CSPH : Publier QUOTIDIENNEMENT les stocks disponibles par marque et traquer la spéculation.
  2. SCDP et Marketeurs : Fluidifier la chaîne jusqu’aux détaillants, PRIORISER les bouteilles ménagères sur les usages industriels et publier un calendrier de livraison.
  3. Consommateurs : REFUSER tout tarif supérieur à 6 500 FCFA et signaler les spéculateurs.

Le gaz domestique n’est pas un luxe. C’est un besoin vital. »

En attendant que la situation se régularise, les ménagent peines à trouver du gaz.

Chanelle NDENGBE

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