C’est un guide méthodologique d’éducation à la paix à l’école et à la maison qui vient de voir le jour, volant au secours de la société camerounaise gangrenée par les violences.
En finir avec la violence en société par le changement des mentalités : c’est ce que démontre dame Viviane Nguimeya dans « L’Éducation à la paix et aux droits de l’Homme en milieu scolaire. Guide des méthodes et activités ». Ce livre offre une méthodologie pratique pour garantir un Cameroun en paix en passant par un enseignement intensifié en famille et à l’école.
Féminicides aux chiffres effrayants, infanticides, agressions physiques en milieu scolaire et à la maison, jeunes membres de gangs criminels… Autant de phénomènes qui traduisent l’ampleur avec laquelle la violence gagne du terrain dans la société camerounaise. «L’Éducation à la paix et aux droits de l’Homme en milieu scolaire. Guide des méthodes et activités » est la contribution de l’inspectrice pédagogique Viviane Nguimeya pour mettre fin à ce bal macabre. Un ouvrage de 196 pages qui contient des activités d’enseignement pratique pour les salles de classe et la maison, afin de véhiculer le message selon lequel la responsabilité de l’éducation à la paix incombe à tous, et pas seulement à l’enseignant d’éducation civique. L’activité phare est le « Top 5 minutes de la paix », expliqué et illustré par l’autrice aux journalistes : « Le message principal, c’est que tous les enseignants peuvent être des éducateurs à la paix. Ce n’est pas uniquement la tâche du professeur d’éducation civique. Et nous proposons que cela se passe à travers le concept des 5 minutes de la paix avant chaque cours. Nous avons préparé les enseignements afin que tout se passe sans que les enseignants aient à trop réfléchir. »

L’enseignement de la paix aux enfants pour la résolution pacifique des conflits
Cette nouvelle parution est la concrétisation d’un projet que l’autrice a nourri pendant plus de deux décennies, né en 2005 alors que l’enseignante avait pris l’habitude d’être sollicitée pour résoudre pacifiquement les conflits entre élèves d’une part, et entre élèves et enseignants d’autre part. « Le guide vient répondre au problème de résolution non violente des conflits. Est-ce qu’on résout les conflits pacifiquement ? De plus en plus, on voit que cela n’est pas le cas. Maintenant, on veut permettre, à travers ce guide et à travers les messages qui y sont consignés, de transformer les mentalités. On veut travailler à faire de l’éducation à la paix une compétence, de sorte que les enfants puissent acquérir des méthodes et techniques pour résoudre pacifiquement les conflits, pour qu’on n’assiste plus à ce bal de violences et à ce théâtre macabre que notre société vit en ce moment », a déclaré la militante pour la paix face à la presse.
Consciente des défis qui résident dans la résolution pacifique des conflits, l’autrice a stratégiquement choisi l’école et les familles comme milieux d’exploitation de ce guide. «Elle l’a fait (écrire) sur un domaine qui est à la base de la vie collective : la compréhension entre les êtres humains. Les gens qui sont capables de comprendre qu’ils peuvent tolérer, est-ce qu’ils sont nombreux ? Je doute ! C’est pourquoi le livre que nous avons sous la main est un instrument pour amener les êtres humains nés et formés dans la collectivité à apprendre à acquérir les capacités à vivre en société… Et comment on fait pour que les gens ne grandissent pas en banalisant le conflit violent ? C’est de le leur inculquer dès la naissance, en famille et après à l’école, parce que le premier lieu d’éducation c’est la famille, et le premier lieu d’instruction c’est l’école. Ces deux leviers-là sont centraux… », a expliqué le senior journaliste Alex Gustave Azebaze au point de presse relatif à la sortie du livre. Un ouvrage qui convoque par ailleurs la richesse de l’Afrique ancestrale à travers ses proverbes, au regard du rôle que joue la culture africaine dans la consolidation de la paix, tel que l’autrice le démontre dans l’introduction.

En projet pour une intégration dans le programme scolaire
Pour changer le monde en éradiquant la violence, Viviane Nguimeya est convaincue qu’il faut miser sur la jeunesse. À force de leur inculquer les valeurs de paix et de tolérance à travers le « Top 5 minutes de la paix », les jeunes finiront par les intégrer dans leurs habitudes. Le livre devrait donc élire domicile dans les établissements scolaires : « Véritablement entrer dans les établissements pour ceux qui nous sollicitent et présenter le concept aux enseignants, afin que les chefs d’établissements puissent doter leurs bibliothèques pour faciliter l’accès à ce projet d’éducation à la paix pour tous les enseignants à l’école. Nous nous adressons aux enfants jusqu’en terminale parce que nous pensons que c’est dans le cœur de l’enfant que l’on construit les choses qui durent. Et moi, je me suis accrochée à cette pensée du pape Jean-Paul II qui dit que la paix ne s’improvise pas, elle s’enseigne dès le berceau. »
Membre de la Campagne mondiale pour l’éducation à la paix, Viviane Clémence Demefack Nguimeya est la fondatrice de Peace Bus Association, où s’est tenue la conférence de presse relative à la sortie de son livre le mercredi 16 septembre 2026. Elle a créé cette association en 2006 avec le soutien du défunt cardinal Tumi pour promouvoir la tolérance et la non-violence. Militante de longue date pour la paix, elle met son expérience au service de la santé sociale. Elle présentera officiellement l’ouvrage lors d’une cérémonie de dédicace qui aura lieu le 2 octobre prochain à Douala.
Chanelle NDENGBE
